La bientraitance, pour une présence réelle auprès des plus vulnérables

Temps de lecture : 4 minutes

Communauté CCSMTL

« Juste rentrer ici aujourd’hui et dire “comment allez-vous, est-ce que ça va mieux?”… Ça, c’est énorme. Quelqu’un qui s’intéresse à vous. » , Verner Nold, usager

Cette phrase, tirée de la formation en ligne sur la bientraitance développée par le CCSMTL, dit en quelques mots ce que des pages de politique peinent parfois à exprimer : la bientraitance commence par un geste simple, une attention sincère, une présence réelle.

Le 15 juin, Journée mondiale de lutte contre la maltraitance, est une occasion de souligner l’importance de la prévention de la maltraitance envers les personnes aînées et les personnes majeures en situation de vulnérabilité, notamment par la promotion de la bientraitance. Soulignée chaque année, cette journée constitue un moment privilégié pour sensibiliser et mobiliser nos milieux autour de pratiques respectueuses et sécuritaires.

Bienveillance ou bientraitance : une différence qui compte

Au cœur des orientations du ministère de la Santé et des Services sociaux, la bientraitance vise le bien-être, la dignité, l’inclusion et la sécurité des personnes. Cette approche s’appuie sur des fondements visant entre autres le respect de chaque individu, des pratiques favorisant le pouvoir d’agir de la personne et l’importance de considérer son point de vue avant toute action ou décision qui la concerne.

La confusion entre bienveillance et bientraitance est fréquente, mais la différence est bien réelle et importante. La bienveillance, c’est agir pour la personne. La bientraitance c’est agir avec elle, dès qu’elle peut exprimer son point de vue : « Dès que la personne peut me répondre, peut me donner son opinion, c’est là qu’on tombe dans la bientraitance », explique Véronique Forget-Landry, agente de relations humaines – Ressources intermédiaires. Elle précise « Toute personne peut communiquer, même si elle ne parle pas. Il y a toujours un moyen de communiquer, toujours, toujours, toujours! Et lorsqu’on valide cette opinion, qu’on s’assure d’avoir bien répondu à son besoin, c’est pleinement de la bientraitance. »

Dans les gestes du quotidien

Concrètement, la bientraitance se traduit par une importance accordée à l’interaction avec la personne afin de favoriser son autodétermination, de respecter son rythme et de soutenir une participation active aux choix qui influencent son quotidien. Il s’agit d’une approche centrée sur la personne qui implique une attention continue aux besoins et aux préférences des individus, en respect de leurs valeurs, de leur culture et de leurs droits.

« Pourquoi je prendrais des décisions à la place de l’usager qui a 95 ans, si ça fait pas de sens qu’on en prenne à ma place à 36 ans? », demande Véronique. Une question simple, mais qui recentre l’essentiel. Chaque personne, peu importe son âge ou son état de santé, a le droit de déterminer ce qu’elle veut vivre et quels soins elle souhaite recevoir. L’écoute active est au cœur de cette approche.

Jordi Jean-Baptise, auxiliaire aux services de santé et sociaux, explique, « C’est vraiment très important de les écouter, pas juste les entendre mais vraiment écouter et appliquer ce qui a été dit. Ça fait la différence sur la facilité des soins et le lien de confiance avec les usagers et usagères. »

Un levier essentiel contre la maltraitance

La bientraitance constitue un levier complémentaire essentiel dans la lutte contre la maltraitance. Sans s’y substituer, elle agit en amont en contribuant à instaurer un climat de confiance, à renforcer la qualité des relations et à favoriser des pratiques sécuritaires. Elle s’inscrit à la fois dans les gestes individuels et collectifs pour une culture organisationnelle de bientraitance, visant à réduire les risques de maltraitance et à renforcer la qualité des soins et services.

Docteure Boucher, médecin au CCSMTL, est claire à ce sujet. « Un médecin qui appuie la bientraitance, qui envoie un feedback positif aux membres du personnel qui le font, la culture va s’implanter de plus en plus dans l’établissement. C’est un rôle de leadership qui doit être pris par les médecins. » Le soutien concerté entre les membres d’une équipe est d’ailleurs l’un des six principes directeurs de la bientraitance identifiés par le Secrétariat aux aînés. Personne ne devrait rester seul face à une situation complexe.

Contagieux et bénéfique pour tous et toutes

Adopter des gestes et attitudes de bientraitance au quotidien est contagieux. Toute personne exposée à cette approche se sent respectée et considérée dans son entièreté. Ainsi, promouvoir une culture de bientraitance représente une contribution active au bien-être de tous et toutes, tant à celui des usagers et usagères qu’à celui des collègues et des proches.

À quelques jours de cette journée de sensibilisation, renouvelons collectivement l’engagement à faire de la bientraitance une pratique quotidienne afin de soutenir nos environnements et milieux de vie de soins pour que ceux-ci soient empreints de respect, d’humanité, d’écoute et de dignité.

Pour signaler une situation de maltraitance, contactez le bureau du commissaire local aux plaintes et à la qualité des services du CCSMTL :

Téléphone : 514 593-3600
Télécopieur : 514 593-2106
Courriel : commissaireauxplaintes.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca
Adresse : 155, boulevard St-Joseph, Montréal (Qc) H2T 1H4

Pour consulter notre politique de lutte contre la maltraitance envers les personnes aînées et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité :

CIUSSS du Centre-Sud > À propos > Clinique > Maltraitance

Pour visionner la capsule sur la bientraitance : Bientraitance – YouTube ou la formation sur ENA , 15537 - La bientraitance : six principes directeurs pour appliquer l’approche dans sa pratique au quotidien.

Un commentaire

  1. Je suis heureux de voir la bientraitance promue et incluse dans les stratégies de lutte à la maltraitance. Je suis perplexe par contre de voir encore une fois dans notre établissement l’effort pour opposer la bienveillance à la bientraitance. Cela fait des années qu’avec le mouvement Tout coeur avec Vous incorporant une approche centrée sur l’humain nous travaillons sur une posture et une façons d’agir en partenariat avec les usagers et les proches. La définition du gouvernement est différente de ce que nous avons déjà mis en place au CCSMTL et cela démontre notre leadership. Nous avions l’opportunité danc cette communication d’unir les deux termes (bienveillance et bientraitance) comme un continuum de posture et d’action sans les opposer. Bravo à l’équipe SAPA qui continue les efforts pour mettre en place un environnement toujours plus bienveillant et bientraitant. C’est une inspiration pour toutes les équipes qui suivent le pas.

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