Communauté CCSMTL
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La mission de sécurité de l’Escale est le fruit de l’engagement sincère d’une petite vingtaine de personnes aux expertises variées, toutes dédiées au bien-être des jeunes.
Composée de 13 agents d’intervention, d’une éducatrice, de 2 répartitrices, et de 2 responsables de la liaison et d’autres tâches administratives, cette équipe dirigée par Valérie-Anne Caron est présente en tout temps sur le plancher de la salle commune.
Elle précise : « Ici, on collabore pour agir en bienveillance. On a des jeunes qui commencent en tant qu’agents d’intervention et d’autres qui sont sur le plancher depuis 25 ans. C’est une belle diversité d’expérience, les vieux coachent les jeunes.»
Le mot d’ordre? Ne JAMAIS quitter les jeunes.
Encadrer pour mieux accompagner
Ici, les agents d’interventions ont deux mandats : agents de transport et accompagnants à la cour ou agents de plancher. En plus de leurs tâches, ce sont aussi — et avant tout — des intervenants privilégiés auprès des jeunes. Quelle que soit leur mission, les agents d’intervention sont tous des intervenants avec les jeunes.
Sur place toute la journée, l’agent de plancher attitré à l’Escale encadre les repas et mange avec les jeunes. Il est aussi responsable de la prise de photos et d’empreintes à leur arrivée. Contact privilégié des jeunes, il passe beaucoup de temps avec eux à jouer, regarder des films, discuter, et tout ce dont les jeunes pourraient avoir besoin.
De leur côté, les agents de transport assurent le transport sécuritaire de jeunes de tous les services, de la protection de la jeunesse, des jeunes à risque de fugue, pour les conduire à leurs rendez-vous médicaux et à leurs différentes activités obligatoires.
Les agents présents à l’Escale ont comme port d’attache les centres Dominique Savio et/ou Cité des prairies. Ils assurent la prise en charge des jeunes en centre fermé, à Mont Saint-Antoine, Dominique Savio ou Cité des Prairies, les encadrent avant leur comparution en Cour, les accompagnent durant les audiences, les ramènent à l’Escale, et les reconduisent dans leur milieu de vie — selon la décision de la Cour.
Et au fil des itinéraires, il n’est pas rare qu’ils aient à aller chercher certains d’entre eux partis “à l’aventure” dans d’autres provinces…
Gardiens du bien-être des jeunes
Mais tout cela n’est qu’une petite partie du rôle de gardiens du bien-être mental des jeunes, que joue l’équipe qui les côtoie durant cette longue journée de tribunal.
Au quotidien, les agents doivent faire attention à chaque mot prononcé, chaque regard échangé, chaque numéro de téléphone composé. Et naviguer parmi de potentiels membres de gangs de rue, agresseurs pour les autres jeunes, risques suicidaires, crises d’angoisse, accès de violence…
Dans un contexte souvent tendu, ces professionnels de la sécurité allient à la perfection surveillance et écoute, autorité et compassion.
Sylvain Francis est agent d’intervention depuis 25 ans, et dédié au transport sécuritaire depuis 6 ans. Il explique la raison d’être de son travail :
« Je suis avec les enfants toute la journée.
On les occupe en attendant de passer à la cour. Parfois ils font de l’anxiété, ils ont des questions. On les encadre, on les rassure, on leur explique ce qui va se passer.
Il y en a qui sont fébriles, ils ne se sentent pas bien. Et à ma place, je peux leur apporter du réconfort. J’ai des enfants aussi, alors pour moi c’est important. »
Shaun Morrisson, agent d’intervention, exerce son métier pour une belle raison : changer les choses.
Membre des Forces canadiennes, il a toujours souhaité jouer un rôle positif dans la société. Auprès des jeunes de l’escale, il est une figure rassurante, un modèle de jeune homme positif et impliqué, et s’efforce de leur donner envie de s’en sortir.
Il partage, « Ici on voit des jeunes différents chaque jour, mais ce sont souvent les mêmes qui reviennent. Alors on crée un lien. Ce sont de jeunes ados réfractaires aux règles. Ça leur fait du bien d’être compris et non jugés.
Évidemment, je ne suis pas leur référence. Leur référence, à leur âge, c’est leur groupe d’amis, mais en leur parlant, j’ai espoir de leur montrer que c’est possible de faire quelque chose de sa vie. »
Pour ces adolescents, montrer sa vulnérabilité est souvent une faiblesse, et parfois un risque de représailles au retour en détention. Pourtant, les situations de crise et de larmes sont fréquentes. Au retour du tribunal, l’émotion est souvent palpable, et la situation peut dégénérer rapidement.
Shaun est particulièrement sensible à ce que peuvent vivre les jeunes dans ce contexte de tension et de démarches juridiques. Que ce soit pendant les audiences, assis près des jeunes, ou à leur retour à l’Escale, il est présent pour leur permettre de vivre leurs émotions, sans pour autant se mettre en difficulté face aux autres jeunes sur le plancher.
Il raconte,
« Un jour on est allés chercher un jeune placé, qui s’est complètement désorganisé à la sortie de la Cour. Il n’allait vraiment pas bien, il pleurait. C’est difficile parce que ces jeunes ne peuvent pas se montrer vulnérables, l’image est très importante pour eux.
Alors au lieu de l’intégrer au groupe, comme on doit habituellement le faire, je l’ai laissé prendre un moment pour vivre ses émotions. Je lui ai ouvert une salle d’isolement et je l’ai laissé se calmer, se reposer. Sous surveillance bien sûr, mais dans son intimité.
Ces jeunes vivent une situation particulièrement difficile, et c’est important de les laisser se déposer en toute confiance, en toute sécurité. »
Une prise en charge optimale
Alors que l’Escale est gérée par la DAL, le Programme jeunesse y emploie une éducatrice, sur place pour assurer l’aspect clinique de la prise en charge des jeunes.
Antonine Sterling est éducatrice spécialisée. Après avoir exercé auprès de jeunes contrevenants à Cité-des-Prairies pendant 6 ans, elle s’est jointe à l’équipe de l’Escale en décembre dernier.
Toujours présente, elle accueille chacun des jeunes à son arrivée, pour déterminer comment il va et lui expliquer tout ce qui va se passer.
Elle reçoit aussi les plus anxieux à leur retour de la Cour, s’assure qu’ils puissent voir leurs parents, sans peur et sans honte, eux qui savent qu’ils vont se faire « chicaner ».
Très attentive, elle aussi, à leur sécurité, elle connaît très bien le phénomène des gangs et n’hésite pas à communiquer les centres pour savoir à quelle « famille de la rue » ils appartiennent.
Avant tout, Antonine prend le temps, et c’est ce qu’elle semble le plus apprécier dans ce rôle.
« J’adore être ici!
On a le temps de prendre le temps avec les jeunes. On prend le temps de les accueillir, de regarder comment ils vont avant ET après le tribunal.
On est là pour attendre de passer devant le juge alors on peut passer 1 h ou 2 h à jouer avec eux. On leur demande s’ils sont stressés, pourquoi, et on peut les rassurer. Et au retour, on prend encore le temps de parler de ce qui les attend.
Les gars le savent : je suis toujours avec eux. J’adore ce que je fais. »
Le secret de cette équipe de choc, solide et fiable, entièrement dédiée à prendre le temps de s’occuper des jeunes en situation de vulnérabilité? Une gestion savamment organisée, et une répartition calculée à la seconde près, par deux femmes d’exception, à découvrir ici sans plus tarder!
Un commentaire
Antonine Sterling, tu es tout simplement rayonnante! Quelle belle opportunité pour les jeunes de pouvoir croiser ta route dans un moment aussi anxiogène que le Tribunal! Bravo à toi et à toute l’équipe!