Direction du programme jeunesse
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Depuis cinq ans, une présence peu commune attire les regards dans les centres jeunesse de Montréal. Cherry, une chienne d’assistance en institution de Mira, contribue à transformer le quotidien des jeunes en réadaptation.
Aux côtés de Laurence Brault-Villeneuve, intervenante à la Direction des programmes jeunesse, Cherry permet parfois d’établir un premier contact avec des jeunes vulnérables, anxieux ou méfiants, lorsque les mots ne suffisent plus.
Un passe-partout à quatre pattes
En centre de réadaptation, certains et certaines jeunes peuvent parfois s’isoler ou se replier, par la méfiance, la douleur ou les épreuves de leur parcours. Puis, Cherry entre en scène. Labrador d’assistance, elle devient un pont entre les jeunes et les adultes, entre la distance et le lien.
En atelier, en promenade, au tribunal ou lors d’une rencontre informelle, sa présence bienveillante et sans jugement permet d’entrer en relation autrement.
« Cherry, je la décris souvent comme un passe-partout. Elle ouvre des portes qui sont parfois barrées à double ou triple tour », explique Laurence Brault-Villeneuve.
Le virage qui a tout transformé
Avant l’arrivée de Cherry, Laurence a travaillé pendant dix ans auprès de jeunes en difficulté. Une blessure l’a toutefois forcée à ralentir. Lorsque
L’organisation a entrepris des démarches pour accueillir un chien d’assistance, elle a immédiatement souhaité prendre part à l’aventure.
C’est grâce au soutien de la Fondation des jeunes de la DPJ, qui a assumé les frais d’acquisition du chien d’assistance, que Cherry a fait son entrée à Santé Québec Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal – Universitaire.
Cinq ans plus tard, Laurence parle de Cherry comme d’un véritable cadeau. Quelques jeunes qui refusaient tout contact finissent par s’approcher, marcher, discuter ou simplement accepter de rester près d’elle. Ce premier lien devient parfois un précieux point d’appui pour l’intervention.
Gabrielle : cinq ans de chemin parcouru
Gabrielle a aujourd’hui 19 ans et poursuit des études au cégep. Lorsqu’elle a rencontré Cherry, elle était en secondaire 2, sous la protection de la DPJ, et traversait une période particulièrement difficile de sa vie.
À l’époque, elle n’arrivait plus à sortir marcher, à prendre le transport en commun, ni à parler aux gens. Cherry a ouvert une première porte.
Une sortie à la fois, Gabrielle a progressivement appris à s’exposer à des situations qui lui semblaient insurmontables, à faire confiance et à reprendre confiance en elle.
« J’étais fière de moi. Ça faisait vraiment du bien à mon estime personnelle. »
Lors d’une audience au tribunal, Cherry s’est couchée sous sa chaise, entre ses pieds.
« C’est elle qui m’a permis de ne pas me perdre dans mon stress et mon anxiété. »
Le travail discret, mais profondément humain, de Laurence et Cherry a récemment fait l’objet d’un reportage à Radio-Canada, mettant en lumière l’impact de cette approche sur les jeunes.