Diane LeBel, Service des communications et du marketing
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Saviez-vous qu’à l’échelle planétaire, les femmes ne disposent toujours que des trois quarts des droits juridiques accordés aux hommes?
En effet, même si les premières féministes et les figures de proue du féminisme contemporain ont révolutionné la condition féminine et continuent à faire progresser les droits des femmes, de nombreuses inégalités subsistent.
Dans ce contexte, la Journée internationale des droits des femmes nous amène à réfléchir sur les grandes avancées, les objectifs à atteindre et les projets d’avenir.
Les droits des femmes du côté du Canada et du Québec
En matière de droits des femmes, le Canada et le Québec comptent, dans leur histoire, des moments charnières. Droit de vote, abolition de l’obligation d’obéissance à leurs maris, décriminalisation de la contraception, interdiction des discriminations fondées sur le sexe et autres progrès ont marqué la première moitié du 20e siècle.
Mais saviez-vous que l’avortement n’est plus un crime au Canada depuis 1988 seulement?
La Loi sur l’équité salariale, elle, a été adoptée en… 1996! Quant à la notion de violence familiale, qui englobe les abus sexuel, physique, psychologique et financier, elle n’est reconnue en vertu de la Loi sur le divorce que depuis 2021. Soit il y a 2 ans.
Preuves, s’il en fallait, que les droits et libertés chers à la société québécoise sont un travail toujours en cours, ces progrès tardifs nous montrent aussi que rien n’est jamais vraiment gagné.
Reconnaître la réalité des femmes
Les progrès dans le domaine du respect et des droits des femmes passent également par des mesures qui viennent reconnaitre et faciliter la réalité des femmes, comme celle du congé menstruel.
Alors que l’on sait que la période des règles peut être incommodante, voire intense pour nombre de femmes, l’idée d’un tel congé fait peu à peu son chemin, mais reste encore rare dans le monde.
Un projet de loi en ce sens a été adopté en Espagne le 16 février 2023. L’Espagne devient donc le premier pays en Europe à mettre en place une telle mesure, qui ne fait pas forcément l’unanimité.
Mais saviez-vous que c’est au Japon qu’est né le concept même de congé menstruel et ce, il y a déjà plusieurs décennies?
Cette mesure existe également en Inde, en Australie, en Zambie, en Indonésie, en Corée du Sud, à Taiwan et aux Philippines, aussi depuis un bon moment.
Mais pour des motifs culturels ou par manque de motivation, il existe une frilosité face à ce concept, qui demeure encore peu utilisé.
Autre signe de progrès pour faciliter la vie aux femmes, la Ville de Montréal a lancé en juin 2021 un projet de distribution de produits d’hygiène menstruelle gratuits dans ses établissements.
Pour certaines femmes vulnérables, notamment les femmes en situation d’itinérance, la précarité menstruelle est une douloureuse réalité. En effet, lorsqu’elles ne sont pas en mesure d’acheter de véritables protections, bon nombre d’entre elles utilisent des guenilles, de vieux chandails ou d’autres articles en tissu et risquent ainsi de graves infections.
Au refuge pour femmes Chez Doris, les produits d’hygiène menstruelle sont fournis gratuitement, mais ce n’est pas le cas pour tous les centres de sans-abri, qui reçoivent une clientèle majoritairement masculine.
Au Québec, une motion demandant au gouvernement d’étudier la possibilité d’offrir des produits d’hygiène menstruelle dans tous les établissements publics, déposée par la députée indépendante Catherine Fournier, a été adoptée à l’unanimité en décembre dernier.
La reconnaissance des droits des femmes et de leur réalité a certes progressé au fil du temps, mais la lutte se poursuit pour l’obtention d’une équité sur tous les plans, et ce, dans tous les pays du monde.
3 commentaires
Merci pour ce bel article très pertinent!
Merci, Louise, pour votre commentaire. Nous sommes ravies que cet article vous plaise. Bonne journée.