Direction SAPA – Hébergement
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« Il ne faut pas trop y penser, c’est rien. C’est une beauté, vieillir »
À 87 ans, Denise Gladu parle du vieillissement avec une assurance désarmante. Dans le cadre de la Journée nationale des personnes aînées, le témoignage de cette résidente du CHSLD Ernest-Routier rappelle que le grand âge c’est aussi un lieu d’ancrage et de joie.
Une vie bâtie autour des siens
Avant d’arriver en CHSLD, Mme Gladu a mené une vie bien remplie. Elle a beaucoup travaillé, notamment à Radio-Canada et à Radio-Québec, a tenu un marché avec son mari et a élevé cinq enfants. Autour d’elle, la famille s’est agrandie : huit petits-enfants, seize arrière-petits-enfants, et un autre à venir. Dans les paroles de son fils, Denis Clermont, on sent toute la solidité de ce qu’elle a bâti. La famille demeure présente, soudée, attachée à cette femme de caractère et pleine de vie.
Apprendre à habiter un nouveau chez-soi
L’entrée en CHSLD n’a pourtant pas été simple. Après des chutes et une perte d’autonomie, Mme Gladu a dû quitter l’appartement où elle avait vécu pendant des décennies. Elle souhaitait trouver un endroit où elle serait bien. À son arrivée à Ernest-Routhier, elle a eu peur de ne pas pouvoir y rester. Mais très vite, ce lieu est devenu le sien. « Moi, je voulais rester ici », confie-t-elle. Elle parle de sa chambre comme d’un espace tranquille et personnel, un endroit où elle peut enfin se détendre.
Des liens qui donnent racine
Ce sentiment d’appartenance s’est construit grâce aux liens qu’elle a su tisser. Mme Gladu évoque d’ailleurs les membres du personnel du CHSLD avec chaleur : « Ils sont tous super fins. » Dans son quotidien, il y a les appels de ses enfants, les visites, les parties de cartes, les petites attentions et les présences rassurantes. Il y a aussi Joane Josaphat-Douyon, la cheffe de l’unité de vie, avec qui un lien particulier s’est créé. « Quand je la vois, c’est ma vie qui tourne! C’est comme une maman pour moi… même si je suis plus vieille qu’elle! » dit Mme Gladu. Son fils renchérit : « Ma mère a besoin d’une personne à l’extérieur de la famille avec qui discuter des choses dont elle ne peut pas parler avec ses enfants comme son niveau d’autonomie par exemple. C’est une dure au cœur tendre, mais il faut savoir sortir sa tendresse. »
Dans leurs mots se devine toute l’importance des relations qui permettent de se sentir chez soi, même lorsque la maison a changé d’adresse.
« La joie, il faut aller la chercher »
Ce qui frappe surtout chez Denise Gladu, c’est cette joie vive, qu’elle continue de chercher partout autour d’elle. La joie, dit-elle, « il faut aller la chercher ». Elle la trouve chez les autres, dans les sourires, dans l’accueil du personnel, dans le plaisir de voir les gens contents lorsqu’elle descend de sa chambre. Alors que son fils parle d’une femme qui, même dans l’adversité, finit toujours par revenir à elle-même.
Joane ajoute : « Madame Gladu nous transmet sa joie de vivre et son sourire est contagieux. On est devenues proches toutes les deux. C’est un modèle, c’est comme elle que veux vieillir! »
Aux personnes qui pourraient chercher des leçons de vie, Mme Gladu répond simplement qu’elle n’a pas de conseil à donner. Mais son témoignage en porte un, malgré elle. Celui d’une femme qui a beaucoup donné, beaucoup aimé, et qui continue de choisir la joie.
À Ernest-Routhier, elle dit, à sa manière, qu’elle a réussi une nouvelle étape de sa vie. « La dernière vie que j’ai faite, c’est ici. Et je reste ici. » Et elle ajoute, avec une force tranquille : « Je la réussis. »
Merci à Mme Denise Gladu et à son fils, Denis Clermont, pour leur touchant témoignage. Merci également aux membres du personnel qui, comme Joane, accompagnent les personnes aînées au quotidien et assurent bien plus que des soins et des services, en offrant leur présence et leur amour pour le bien-être des usagers et usagères, et des résidents et résidentes.
Un commentaire
Merci également aux membres des comités de résidents et des usagers qui contribuent, avec la direction de chaque milieu de vie, à la qualité des soins et services donnés aux résidents.
Un autre merci aux bénévoles qui permettent entre autres aux résidents des CHSLD de participer aux activités du service des loisirs.