Une voix qui fait tomber les préjugés

Temps de lecture : 3 minutes

Direction des programmes déficience intellectuelle, troubles de spectre de l’autisme et déficience physique

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Suivi pendant un an en orthophonie au programme de bégaiement de l’Institut Raymond-Dewar, Alexander Alfaleh, 15 ans, arrive à la fin de son parcours de soin et services.

Il a puisé dans ses apprentissages dans les expériences vécues au cours de son accompagnement pour préparer un discours scolaire.  

Un texte inspirant et un témoignage puissant, à lire absolument :

« Savez-vous combien de fois je n’ai pas pu prononcer mon propre nom?

Savez-vous le nombre de personnes qui se sont moquées de moi parce que je répète mes syllabes?

Savez-vous la difficulté que j’ai juste pour commencer une conversation?

Je suis ici, devant vous, pour vous expliquer ce que c’est le bégaiement et l’importance de son acceptation dans la société.

Au préalable, d’après l’Ordre des Orthophonistes et Audiologistes du Québec, je cite : “le bégaiement est un trouble de la parole caractérisé par des interruptions dans le rythme de la parole qu’on appelle disfluidités”.

Il y a plusieurs causes au bégaiement au niveau neurologique, mais je veux me concentrer sur ce qui n’est pas une cause de bégaiement.

Le bégaiement n’est pas dû à un trouble émotionnel ou un traumatisme ni à la timidité et surtout pas au manque d’intelligence.

Même s’ils peuvent l’amplifier, la fatigue, le stress et les émotions ne sont pas les causes du bégaiement. Mais je veux être très clair sur un point, le bégaiement ne retire absolument pas la crédibilité d’une personne.

Par ailleurs, plus d’un tiers des bègues souffre d’anxiété, d’isolement et même de dépression à cause du bégaiement.

Par contre, avec l’aide de suivis comme celui que je suis en ce moment, on apprend à accepter notre bégaiement, pas aimer nécessairement, mais cohabiter avec lui. Si nous pouvons l’accepter, la société devrait l’accepter aussi, sa présence ne définit pas une personne dans son ensemble.

Cependant, il y a toujours des personnes qui persistent à intimider les bègues! Donc, pour illustrer la situation, prenons l’exemple du racisme : on n’accepte pas le racisme puisque c’est tabou de discriminer les personnes différentes.

Alors, je vous invite à regarder le bégaiement du même point de vue, en évoquant l’une des valeurs fondamentales de la société, la Solidarité. La valeur d’une personne est mesurée par ses actions et non son physique, sa façon de parler, ni autres aspects psychologiques que l’on ne peut pas contrôler.

Pour conclure, les bègues auront toujours du mal à s’exprimer dans les situations sociales, à suivre le rythme de la conversation. Je demande donc à la société de patienter, de nous laisser nous exprimer, de ne pas nous juger pour quelque chose qu’on ne peut pas changer et d’accepter que le bégaiement fait partie de nous, mais qu’il ne nous définit pas.

La richesse de la société est caractérisée par la diversité. Même avec le bégaiement, je faisais du théâtre depuis le CP et je maintiens une bonne vie sociale et finalement, je suis toujours là, devant vous, sans difficulté. »

Merci aux équipes qui accompagnent les jeunes au quotidien, avec expertise et bienveillance, et qui contribuent à leur donner des outils pour trouver leur propre façon de faire entendre leur voix.

Bravo à Alexander pour ce témoignage inspirant!

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