Direction de l’enseignement universitaire et de la recherche
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À l’approche de la Semaine de la mission universitaire, qui aura lieu du 16 au 20 novembre, Martin Pelletier, éducateur spécialisé à l’Institut universitaire Jeunes en difficulté (IUJD), et Marie-Pierre Markon, agente de planification, de programmation et de recherche à la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP), nous expliquent comment les observations et l’expérience des équipes contribuent à faire avancer la recherche, tandis que celle-ci apporte de nouveaux éclairages pour comprendre les réalités vécues et faire évoluer les pratiques.
L’expertise du terrain au cœur de la recherche
À l’IUJD, Martin participe à plusieurs projets qui font « le pont entre les réalités vécues sur le terrain et les connaissances issues de la recherche ». Il travaille avec des équipes cliniques et de recherche et des partenaires, pour mieux cerner les besoins des jeunes et des personnes qui les accompagnent.
Son expérience d’intervenant, ses observations et sa compréhension des réalités des jeunes alimentent les échanges. Les équipes de recherche apportent, de leur côté, des données et des connaissances qui enrichissent la réflexion. « Pour moi, c’est vraiment un travail de complémentarité entre les savoirs issus du terrain et ceux issus de la recherche », résume-t-il.
À la DRSP, Marie-Pierre fait le lien entre ces deux univers. Au sein du secteur Jeunesse 0-25 ans, elle travaille sur des projets régionaux de prévention et de promotion de la santé mentale et de la réussite éducative auprès des jeunes d’âge primaire et secondaire.
Elle échange avec les équipes de recherche sur les enjeux qui touchent les jeunes Montréalais et Montréalaises et sur les données disponibles ou à recueillir. Comme cochercheuse, elle fait valoir les préoccupations du terrain et relit les analyses pour s’assurer que les résultats seront bien compris et utiles aux partenaires. « Je fais donc la liaison entre la recherche et le terrain », dit-elle.
Des objectifs de recherche pertinents sur le terrain
Les équipes terrain contribuent souvent dès le début des projets de recherche. Leur expérience permet de bien les orienter. Elles « permettent de s’assurer que les objectifs de recherche sont pertinents et qu’ils répondent aux priorités et aux besoins de connaissance », souligne Marie-Pierre.
Leur connaissance des milieux aide aussi à mieux interpréter les données. Un résultat de recherche peut prendre un autre sens lorsqu’il est mis en relation avec ce qui est observé et vécu au quotidien.
Pour Martin, cela permet notamment de réfléchir à des interventions qui correspondent davantage aux réalités et aux besoins des jeunes. Le terrain ne fait donc pas qu’utiliser les connaissances produites par la recherche, il contribue lui aussi à les construire.
Prendre du recul sur les pratiques
La recherche donne aussi aux équipes l’occasion de prendre du recul sur leurs pratiques. « Sur le terrain, nous sommes souvent dans l’action et dans la réponse aux besoins immédiats des jeunes. La recherche nous amène à approfondir notre compréhension de certaines réalités, à remettre nos façons de faire en question et à appuyer nos interventions sur des connaissances plus larges », explique Martin.
Pour Marie-Pierre, la recherche permet de mieux comprendre les enjeux qui touchent les jeunes, de porter un regard critique sur les pratiques et d’explorer d’autres pistes d’action.
Ce regard différent peut faire émerger de nouvelles façons de comprendre une situation ou d’y répondre.
Une mission universitaire qui se construit collectivement
La Semaine de la mission universitaire est l’occasion de découvrir ces collaborations, mais aussi de mieux comprendre comment la mission universitaire s’inscrit au sein de notre établissement.
Pour Martin, l’événement permet de prendre conscience de tout ce qui se fait autour de la recherche et du développement des pratiques. « On ne réalise pas toujours à quel point les expériences vécues sur le terrain peuvent contribuer à la recherche, et inversement, comment la recherche peut venir enrichir nos interventions. »
Marie-Pierre y voit aussi une occasion de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, de découvrir de nouvelles façons de faire et de voir comment les connaissances issues de la recherche peuvent enrichir le travail au quotidien.