Dans les milieux de soins critiques, comme les salles d’urgence et les soins intensifs, des équipes sur le qui-vive veillent en permanence sur la vie et la survie des usagers et usagères.
Quand les journées éprouvantes s’enchaînent, il peut être difficile d’apprécier les moments passés en équipe, et de se reconnecter à l’autre. Pourtant, à l’urgence de l’Hôpital Notre-Dame et aux soins intensifs de l’Hôpital de Verdun, des équipes soudées avancent ensemble pour faire de leur quotidien si particulier une expérience humaine inspirante.
L’entraide au quotidien
Dans le service des soins intensifs de l’Hôpital de Verdun, le calme des lieux contraste avec les sourires pétillants des membres du personnel. Dans cette équipe accueillante, les infirmières et préposées aux bénéficiaires pleines d’énergie s’affairent auprès des patients et patientes dans une ambiance chaleureuse.
Christine Brochu, préposée aux bénéficiaires, témoigne de son expérience dans cette équipe : « Je suis contente de travailler aux soins parce que c’est vraiment une belle équipe. C’est facile à dire, une belle équipe, mais c’est tellement vrai en ce qui nous concerne. Ce qu’on veut, c’est vraiment qu’à la fin de notre journée, les patients et patientes aient reçu leurs soins et que nous, on ne soit pas épuisés et épuisées. Tout le monde a donné, tout le monde a fait son travail en tant qu’infirmière, en tant que chef d’unité ou préposée aux bénéficiaires, et on l’a fait ensemble. Tout le monde est sur un pied d’égalité, ça change tout. »
Ici, Christine s’investit pleinement dans ses tâches, avec l’assurance d’être appuyée par ses collègues, tant sur le plan personnel que professionnel. Selon elle, ce climat de travail positif tient en grande partie, en plus de la bienveillance des membres de l’équipe, à la gestion de proximité de Charlie Dessureault, cheffe d’unité des soins intensifs et de soutien à l’urgence.
Elle précise, « C’est très facile d’aller vers Charlie et de lui parler. Elle est toujours disponible et pleine d’énergie. La communication est naturelle et on sait qu’elle est toujours là pour nous aider, sans pour autant nous donner l’impression de nous faire une faveur. Comme quand on lui a expliqué que notre cuisine était désuète et qu’on n’avait plus lieu agréable pour se détendre, et qu’elle a pris les choses en main… »
L’écoute comme outil de cohésion d’équipe
Charlie Dessureault, ancienne infirmière aux soins intensifs, connaît particulièrement bien la réalité de son équipe sur le terrain. Alors, quand elle a pu faire bouger les choses pour offrir à ses collègues un endroit confortable et bien équipé, pour se relaxer pendant leurs pauses, elle a pris les choses en main et elle leur a offert cette possibilité.
Elle confie, « Le bien-être de mon équipe est ma priorité et ça va bien au-delà de l’écoute. C’est aussi régler les petits problèmes pour aider son équipe à avoir envie d’être là. On avait une salle de pause qui faisait pitié. Ça a l’air secondaire, mais pour l’équipe c’était important. Alors j’ai fait les demandes nécessaires, on a meublé la salle, j’ai trouvé des meubles et voilà! Les membres de l’équipe ont une nouvelle salle de pause. En tant que gestionnaire, je ne suis pas toujours directement concernée par les situations que vivent les membres de l’équipe.
Mais c’est cette équipe qui est ici, sur le terrain, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. Alors quand elle a des besoins, c’est important d’y répondre autant que possible. »
Une gestion de première ligne bien présente sur le terrain
Au-delà des demandes du personnel, le climat de travail de ce service repose aussi sur une collaboration calibrée entre les différents métiers.
Les membres de l’équipe du personnel rencontrées sont unanimes : ici, le personnel se sent valorisé pour ses compétences, quelles que soient ses responsabilités. Infirmières, préposées aux bénéficiaires, inhalothérapeutes, médecins et gestionnaires évoluent dans un système de collaboration efficace, afin que chacun et chacune puisse donner les meilleurs soins, dans une atmosphère bienveillante.
Pour Charlie, il est tout naturel d’intervenir auprès des patients et patientes lorsque leurs équipes sont occupées, afin d’assurer la sécurité des personnes hospitalisées, et de soutenir leurs collègues dans des situations à haut risque.
Inès Jaunier, infirmière clinicienne, confirme que cette relation de confiance, sur le terrain et en dehors, change la donne au quotidien : « D’une perspective infirmière, la proximité de Charlie se ressent sur le terrain. On peut toujours la joindre, elle est toujours disponible. Non seulement à titre de gestionnaire, mais aussi dans l’action sur le terrain. On la voit arriver parfois, et intervenir auprès de patients et patientes en code bleu, si tout le monde est occupé auprès de personnes dont l’état n’est pas stable.
Aux soins intensifs, on peut sentir que les situations nous submergent. Mais on sait qu’on peut compter sur un vrai soutien. Ça contribue à nous offrir un climat de travail agréable, et à avoir envie de travailler ici. »
Nourrir l’esprit d’équipe et la collaboration
Pour Charlie le travail d’équipe n’est pas qu’une idée sur un tableau de bord, c’est le secret de la mobilisation et du bien-être de chacun et chacune de ses membres.
À l’écoute de la détresse que cette équipe peut parfois vivre sur le terrain, elle n’hésite pas à se rendre disponible pour travailler à leurs côtés, de jour comme de nuit, et à offrir les accommodements nécessaires à leur équilibre de vie.
Et parce que pour travailler fort, il faut aussi pouvoir relâcher la pression, Charlie et son cogestionnaire médical, Dr Dat Nguyen, tiennent à propose des occasions de cohésion d’équipe variées. De 5@7 en barbecues, en passant par des partys des Fêtes et plusieurs activités ponctuelles, pour Charlie « L’important c’est qu’on soit là et qu’on soit ensemble. Tout le monde embarque, des médecins aux résidents et résidentes, et bien sûr les nouvelles recrues. On est une belle gang! Ça aide à la communication. Et pour moi c’est essentiel. Je veux que les membres de mon équipe se sentent suffisamment à l’aise pour tout me dire. »
Si l’on en croit Inès, c’est une mission accomplie pour Charlie! En effet, l’infirmière clinicienne ajoute : « On travaille aux soins intensifs, c’est intense, c’est parfois difficile et il faut bouger! Mais on a toujours quelqu’un sur qui compter. Charlie nourrit véritablement cette culture de l’entraide et de l’écoute. Aujourd’hui, je pense qu’on est toutes et tous très à l’aise quand il s’agit d’aborder certains sujets, quand on a besoin de parler.
Et puis on sait que le climat de travail, ça se construit ensemble. Tout le monde y contribue, et ça fonctionne! »
À l’urgence, des joueurs et des joueuses d’équipe
Le docteur Amar Boudjerida est gestionnaire médical et coordonnateur hospitalier à l’urgence de l’Hôpital Notre-Dame. Avec Éliane Forget, infirmière-cheffe de l’urgence, il assure la gestion de l’une des nombreuses salles d’urgence sous pression de Montréal.
Parmi ses réalisations, le docteur Amar Boudjerida cite notamment la mise en place des arches de sécurité à l’entrée de l’urgence. À l’écoute des besoins réels de son équipe, il a déployé tous les efforts possibles pour assurer sa sécurité, et a travaillé en étroite collaboration avec la haute direction pour installer ces arches, et contribuer à offrir un environnement plus sécuritaire à ses collègues.
« Quand on n’a pas besoin de se demander si on est en sécurité quand on vient travailler, on se sent déjà beaucoup mieux. C’est un gros plus. Et ça se traduit par une meilleure productivité, et de meilleurs soins aux patients et patientes. Parce que ce que veulent les médecins et l’ensemble du personnel soignant, c’est être soigner les gens de façon fluide et sécuritaire. »
Pour lui, le secret de l’équilibre d’une telle équipe réside avant tout sur une communication ouverte. Il explique « En tant que gestionnaire médical, je suis le capitaine de l’équipe, donc je suis avant tout un joueur qui doit faire sa part parmi d’autres joueurs. Je pense que ce qui est le plus important, que ce soit dans la cogestion et dans toute relation humaine, c’est la communication. C’est ce qui permet de bien comprendre les enjeux que vivent nos collègues, et les raisons pour lesquelles l’équipe a certains besoins. »
Dans un rythme aussi exigeant que celui de l’urgence, docteur Boudjerida tient à contribuer au travail de l’équipe à tous les niveaux, et à travailler sur tous les horaires imposés aux membres du personnel de ce secteur. Il précise « C’est difficile de travailler le soir et le week-end, ça épuise tout le monde. Alors c’est important pour moi de travailler la nuit et les fins de semaine et je m’assure que les horaires sont bien répartis. »
Enfin, il insiste sur la nécessité de faire appel à son empathie pour assurer la gestion d’une équipe soumise à un rythme aussi soutenu que celui de l’urgence.
« L’empathie, c’est aussi être capable de comprendre le point de vue de l’autre, même quand on n’est pas d’accord. Pour cela, il faut bien connaître ses collègues. Je connais individuellement toutes les personnes qui travaillent avec moi. On a partagé au moins un repas ensemble, on a bien rigolé, on se fait confiance. C’est beaucoup plus facile de garder la proximité dont on a besoin, quand on connaît bien les gens. On a besoin de garder les pieds sur terre et de rester sur le terrain, pour comprendre ce qui fonctionne bien et ce qui ne fonctionne pas. »
Sa cogestionnaire, Éliane Forget, sourire radieux et bureau toujours ouvert, partage cette vision. Elle explique « Dans un contexte aussi exigeant, on doit soutenir nos équipes et toujours rester à l’écoute. Même quand ma charge de travail ne me permet pas de rester active sur le terrain, mes équipes savent toujours où me trouver. Et surtout, elles savent que, quel que soit leur problème, elles peuvent venir m’en parler. Je serai toujours là pour les aider. »
Merci aux équipes et gestionnaires des soins intensifs de l’Hôpital de Verdun et de l’urgence de l’Hôpital Notre-Dame, qui ont pris le temps de nous ouvrir les portes de leur réalité, malgré un quotidien extrêmement chargé.
Un commentaire
Bravo ! Je tiens à souligner l’excellent travail d’équipe qui se vit au quotidien. La collaboration, l’entraide et le respect mutuel contribuent à créer un climat de travail sain et positif. Cet esprit d’équipe est une véritable force qui favorise autant la qualité du travail que le bien-être de chacun.