Des soins de fin de vie résolument humains

Nancy Dubeau et Ibtisseme Bouloudene
Temps de lecture : 5 minutes

Direction des services professionnels et des affaires médicales universitaires

Direction des services multidisciplinaires de santé et services sociaux et de la fluidité

Direction du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées – Soutien à domicile, ressources intermédiaires et continuum SAPA

__

Au CCSMTL, nos équipes prennent soin de la population à toutes les étapes, de la naissance aux derniers instants de la vie.

Étape cruciale de l’existence, la mort fait l’objet de soins d’une grande délicatesse et d’une qualité irréprochable, encadrés par une réglementation stricte.

C’est dans ce contexte que le Groupe interdisciplinaire de soutien (GIS) encadre les soins palliatifs et les soins de fin de vie, et accompagne les professionnels et professionnelles spécialistes du domaine.

 
Un cadre indispensable, une expertise décentralisée

À l’approche du décès, conformément à la loi concernant les soins de fin de vie, les usagers et usagères peuvent choisir parmi plusieurs options pour mourir dans la dignité :

  • Soins palliatifs traditionnels dispensés jusqu’au décès, sans douleur
  • Sédation palliative continue, qui consiste à soulager, chez une personne en fin de vie, un symptôme intolérable et réfractaire à tout autre traitement en la plongeant dans un état de sédation profonde qui va être maintenu jusqu’à son décès
  • Aide médicale à mourir, soit l’administration d’un soin à une personne, à sa demande, dans le but de soulager ses souffrances en entraînant son décès

Ces soins sont soumis à divers règlements et lois, et les équipes qui les prodiguent répondent à des exigences professionnelles et administratives très strictes.

Pour les accompagner dans leur pratique, elles peuvent compter sur le Groupe interdisciplinaire de soutien central (GIS central) du CCSMTL et sur le Groupe interdisciplinaire de soutien local (GIS local) de leur secteur.

Constitué de médecins, infirmiers et infirmières praticiennes spécialisées (IPS), pharmaciens et pharmaciennes, infirmiers et infirmières, intervenants et intervenantes psychosociales, conseillers et conseillères en éthique et intervenants et intervenantes en soins spirituels, le GIS central est la porte d’entrée unique de toute demande d’aide médicale à mourir et de sédation palliative continue sur notre territoire.

Véritable filet de sécurité pour les médecins et les IPS qui administrent la sédation palliative continue et l’aide médicale à mourir, cette équipe multidisciplinaire évalue chaque formulaire de demande avec rigueur, et établit sa conformité.

Auprès des professionnels et professionnelles, le GIS central assure le soutien administratif, clinico-administratif et clinique nécessaire au bon déroulement des soins.

Depuis 2025, des GIS locaux ont vu le jour, dans le but de décentraliser les expertises en matière de soins de fin de vie, et d’offrir un soutien sur mesure aux équipes.

Une fois les demandes validées et jugées conformes, les GIS locaux les reçoivent, afin de mettre en place la structure nécessaire aux soins des usagers et usagères concernées.

Proches des équipes, les GIS locaux outillent les médecins et IPS en cas de besoin. Ils peuvent, selon les cas, trouver des professionnelles et professionnels compétents (médecins et IPS) pour administrer les soins, assurer le lien entre les différentes parties prenantes, et bien sûr soutenir les équipes avant et après l’administration de l’aide médicale à mourir.

Ibtisseme Bouloudene est spécialiste en procédés administratifs à la Direction des services professionnels et affaires médicales universitaires. Depuis 5 ans, elle joue un rôle pivot au sein du GIS central, responsable des dossiers les plus délicats et humains que notre organisation ait à traiter.

Mon rôle au sein du GIS central me tient particulièrement à cœur. Je fais beaucoup de suivis, je connais les politiques par cœur, je mets tout en œuvre pour que tout se déroule le plus rapidement et humainement possible. Parce que je sais qu’au bout de ce processus, il y a une personne en souffrance. La seule chose qui m’importe, la seule chose que je vois lorsqu’on reçoit une demande, c’est une personne qui attend son soin pour la soulager comme elle le souhaite. Une personne qui mérite une fin de vie empreinte de respect et de dignité.

Entre demandes d’aide médicale à mourir contemporaines et anticipées, elle doit aussi répondre aux demandes des médecins, des IPS, et parfois des usagers et usagères. Elle contribue aussi à la mise au point et à la révision des politiques et des procédures. Avec expertise et délicatesse, Ibtisseme a mis au point des processus efficaces et profondément humains.

Le rôle des différentes instances du GIS s’inscrit dans une démarche véritablement centrée sur les usages et usagères. Nous accompagnons les professionnels et professionnelles, pour que ces personnes puissent accompagner les gens jusqu’au bout. Que ce soit dans nos hôpitaux, nos CHSLD ou dans le cadre du Soutien à domicile, on assure notre présence. On continue aussi, d’ailleurs, à accompagner les familles après le décès, dans leur processus de deuil. C’est toute la raison d’être de notre travail au sein du GIS.

Des cas parfois complexes, mais toujours humains

Depuis 2021, la loi n’exige plus que la mort naturelle soit raisonnablement prévisible pour que les usagers et usagères aient recours à l’aide médicale à mourir.

En effet, des personnes atteintes de maladies incurables qui entravent leur autonomie – fibromyalgie, handicap physique important, troubles neurocognitifs et autres – peuvent présenter une demande d’aide médicale à mourir même si leur décès ne peut pas être prévisible à court terme.

Ces cas complexes, tant sur le plan médical que sur les plans humains et éthiques, sont gérés au niveau du GIS central. Le GIS central offre également un soutien clinique et administratif aux médecins et IPS compétents dans un contexte de demande anticipée d’aide médicale à mourir.

Véritables piliers pour les équipes qui administrent les soins de fin de vie à nos usagers et usagères, le GIS central et les GIS locaux, sont essentiels à l’accès des soins pour un grand nombre de personnes, et un incontournable outil de qualité et de bienveillance.

Le tout, organisé de main d’expertes par une petite équipe humaine et dévouée. Merci à vous toutes et tous, notamment à Ibtisseme Bouloudene et Nancy Dubeau, qui ont pris le temps de démystifier cette immense mission pour le Rendez-vous.

Pour lire les témoignages de médecins qui coordonnent et administrent les soins de fin de vie sur notre territoire, consultez cet article.

Pour aller plus loin:

Loi concernant les soins de fin de vie 

2 commentaires

  1. Quel bel article !

    Mesdames, vous méritez amplement qu’on souligne et mette en lumière l’excellent travail que vous faites dans un des dossiers les plus délicat.

    Je confirme qu’Ibtisseme connait sur le bout de ses doigts toutes les politiques et procédures liées aux soins palliatifs. C’est la CHATGPT du GIS. Ce fût un honneur de travailler à tes cotés

    Bravo Nancy d’avoir repris avec brio ce beau mandat à la coordination du GIS

Répondre à Sylvie-Anne Ruel Annuler la réponse

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sélection de la rédaction

Votre voix compte : répondez à notre sondage
Des soins de fin de vie résolument humains
La fin de vie dans les yeux des médecins qui l’accompagnent
La boîte à mercis : les vedettes de la PCI
Bouger, retrouver confiance, reprendre ses activités
Ce qui nous ressource : des collègues nous ouvrent leur quotidien
Du fond du cœur, merci
Changer les règles du jeu et redonner aux enfants accès à leur ville
Menus travaux, grands résultats
Personnel de soutien administratif, moteur de la transformation numérique