Changer les règles du jeu et redonner aux enfants accès à leur ville

Temps de lecture : 3 minutes

Direction de l’enseignement universitaire et de la recherche

À l’approche de la Journée nationale du sport et de l’activité physique, le 2 mai, Patrícia Dias da Silva, courtière de connaissances au Centre de recherche en santé publique (CReSP) du CCSMTL, nous a présenté le projet de recherche-intervention « Changer les règles du jeu ».

Issu d’une collaboration entre le Centre de recherche en santé publique (CReSP) du CCSMTL, le Centre d’écologie urbaine et l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM), l’objectif de « Changer les règles du jeu » est donc de transformer les milieux urbains afin de favoriser chez les enfants le jeu libre et la mobilité active grâce à la mise en place de rues‑écoles et de rues ludiques.

Rendre la rue aux enfants

À Montréal, le volet évaluation scientifique du projet est mené sous la direction de la Dre Katherine Frohlich, chercheuse au CReSP et professeure titulaire à l’ESPUM avec l’appui de Sonia Daly, coordonnatrice principale.

« Le point de départ du projet fut le constat du déclin du jeu libre et du transport actif parmi les enfants et l’augmentation des problèmes de santé comme l’obésité », explique Patricia Dias da Silva. En trente ans, la prévalence du surpoids chez les jeunes de 6 à 17 ans a doublé pour atteindre 25 %, alors que les niveaux d’activité physique n’ont cessé de diminuer (source : INSPQ 2026).

Les rues-écoles et les rues ludiques de la métropole répondent au besoin évident d’activité physique et de plaisir des jeunes Montréalais et Montréalaises. Une rue-école est une rue aménagée aux abords immédiats d’une école et fermée à la circulation automobile aux heures d’arrivée et de départ des élèves. Une rue ludique est quant à elle située à proximité des résidences et fermée à la circulation au moins 60 minutes par semaine.

Les résultats des projets-pilotes menés à Montréal depuis 2021 sont éloquents. La mise en place de rues‑écoles et de rues ludiques a généré une augmentation de 10 % à 20 % du transport actif chez les élèves, ainsi qu’une diminution de 12 % à 17 % des déplacements en voiture pour se rendre à l’école les jours de rue-école.

Des bienfaits multiples

En favorisant le jeu extérieur et les déplacements actifs comme la marche, le vélo ou la trottinette, les initiatives de « Changer les règles du jeu » contribuent autant à la santé physique qu’à la santé mentale des enfants.

D’ailleurs, en instaurant des habitudes de déplacement actif dès l’enfance, on favorise des comportements qui peuvent se maintenir tout au long de la vie et même être transmis aux générations futures.

Les bienfaits des rues-écoles et des rues ludiques se reflètent également à l’échelle du quartier puisque ces espaces contribuent à la qualité des milieux de vie, notamment par la réduction de la circulation automobile et du bruit et la création de zones propices aux rencontres, renforçant ainsi la vie communautaire. Ces installations rendent également la rue plus sécuritaire et encouragent l’augmentation du temps passé en plein air et l’activité physique pour tout le voisinage.

Un déploiement à l’échelle du pays

À la suite de phases pilotes réalisées à Montréal et à Kingston, le déploiement s’est poursuivi dans d’autres villes du Québec (Longueuil, Québec et Gatineau). Inscrite dans un effort pancanadien, cette démarche sera progressivement mise en œuvre en Ontario, au Nouveau‑Brunswick, en Colombie‑Britannique, en Alberta et au Manitoba d’ici 2027.

3 commentaires

  1. Bravo excellente initiative! On en veut partout, pour chaque école. En espérant que la vague anti-vélo ne prendra pas le dessus à Montréal dans les prochaines années. Notre planète et notre santé ont besoin de transport actif, et les enfants méritent d’être en sécurité et avoir un peu de liberté extérieure.

  2. Il y eut un temps où la rue n’était pas un espace essentiellement de transit. C’était aussi et surtout un lieu de rencontre. Progressivement, suivant la logique de l’expansion résidentielle à très faible densité, nos quartiers centraux sont devenus des autoroutes, où la sécurité et le bien-être des résidents sont devenus subordonnés au mode de vie des périphériques.

    Enfin, est-ce vraiment normal que l’on interdise par prudence, aux enfants de nos quartiers, même l’accès aux ruelles, parce que devenues trop souvent des zones de contournement des rues devenues trop fréquentées?

    J’aime bien l’initiative du CIUSSS du Centre-Sud, mon ancien employeur. Bravo!

  3. Bonjour,
    ce message est simplement dans le but de vous félicité pour ce beau projet.
    Je me rappel dans mon temps au primaire, quel moment de se retrouver entre ami dehors pour s’amuser, nous étions très actifs. De nos jours, les enfants ne veulent plus sortie, plus d’amusement, ce qui engendre des problèmes chez certains.

    il faut une sensibilisation aux près de tous, comme on dire, il faut tout une village pour élever des enfants. rendre nos rues sécuritaire, je propose qu’il y a aussi la présence des policière de temps en temps, afin de sécuriser les parents. sensibilisé les parent afin d’encourager et accompagner leur enfant à sortir.

    Merci!

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