Direction des programmes déficience physique, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique
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À l’occasion du Mois de l’ouïe et de la communication, dont la thématique 2026 est la communication humaine : un besoin essentiel, il est important de rappeler que communiquer ne se résume pas à échanger des mots. C’est aussi une rencontre, une adaptation et, parfois, un véritable apprentissage de l’autre. Dans le milieu de la surdité, cette réalité prend tout son sens.
Pour Sonia Dubé, la communication est avant tout une question d’adaptation et d’ouverture. Agente de formation en langue des signes québécoise (LSQ) au Centre de réadaptation en déficience physique Raymond-Dewar, elle est également une personne sourde. Au fil de son cheminement en enseignement et en linguistique, elle a développé une expertise qui lui permet aujourd’hui de former et d’accompagner différents milieux dans leurs pratiques. Son rôle consiste à concevoir et offrir des formations adaptées à une diversité de publics – personnes sourdes, proches, professionnels et professionnelles de la santé et des services sociaux – afin de favoriser une communication plus inclusive.
Comprendre la LSQ, c’est comprendre une autre réalité
Au cœur de son travail : mieux faire connaître la langue des signes québécoise. La LSQ est une langue à part entière, avec sa grammaire, sa structure et ses nuances. Elle s’inscrit dans une culture et une identité qu’il est essentiel de reconnaître. Communiquer en LSQ, c’est aussi adopter une autre façon de percevoir les échanges. Là où les personnes entendantes s’appuient principalement sur la parole et l’écoute, les personnes sourdes privilégient le visuel : les mains, le regard, l’espace et les expressions faciales. Le sens passe par l’ensemble du corps. Cette différence demande une adaptation réelle, qui va bien au-delà de l’apprentissage de quelques signes.
Malgré la bonne volonté, les bris de communication sont fréquents. Plusieurs supposent que les personnes sourdes maîtrisent forcément le français ou tentent de transposer directement les structures de la langue orale, ce qui peut créer des incompréhensions. À cela s’ajoute parfois un blocage au moment de la rencontre. La communication devient alors un défi, surtout lorsqu’elle n’est pas adaptée à la réalité de la personne.
Se rejoindre : un effort partagé
Il n’existe pas une seule manière de vivre sa surdité ni une seule manière de communiquer. Certaines personnes utilisent la LSQ, d’autres combinent plusieurs modes ou ont développé des systèmes propres à leur environnement. Cette diversité demande une grande capacité d’adaptation, ainsi qu’une attention réelle à la personne devant soi.
La LSQ est par ailleurs une langue riche et expressive, qui permet de transmettre des émotions, une personnalité et même une dimension artistique. Comme toute langue vivante, elle évolue, se nuance et se colore selon les individus et les contextes.
En ce Mois de l’ouïe et de la communication, Sonia nous laisse un message : la communication humaine repose sur une responsabilité partagée. Elle demande de l’ouverture, du respect et une volonté commune de se rejoindre. La communication humaine c’est aussi reconnaitre la coexistence de deux réalités distinctes : celles des personnes sourdes et des personnes entendantes. Parce qu’au cœur de toute interaction, il y a un besoin fondamental : celui de comprendre… et d’être compris.
Merci à Sonia pour son témoignage, ainsi qu’à l’ensemble des professionnels et professionnelles qui contribuent chaque jour à rendre les communications plus humaines.
5 commentaires
Bravo Sonia ! Et je suis contente de t’avoir eue comme professeur LSQ au travail !
Félicitations Sonia, beau témoignage!
Je vous remercie pour vos compliments.
Merci Sonia pour ton implication et ce beau message!
Merci pour vos aimables compliments !