Communauté CCSMTL
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Il n’existe pas de recette universelle pour prendre soin de sa santé mentale. À l’occasion de la Semaine nationale de santé mentale, quatre collègues ont partagé avec nous ce qui les aide à garder leur équilibre.

Dovi Leila Attignon, agente administrative
Direction des services multidisciplinaires – Santé, services sociaux et fluidité
Des soins de fin de vie résolument humains
Après un hiver qu’elle a trouvé long, Leïla a plus d’énergie. « Il y a le soleil, j’ai un peu plus de force. » Ce qui la ressource le plus se trouve au cœur de son travail : le sourire des patients et des patientes. « Quand je finis de servir une personne et qu’elle me sourit, j’ai le cœur rempli de joie. Ça me donne du punch. »
En dehors du travail, Leila aime marcher. Elle aime aussi flâner dans les boutiques, pas nécessairement pour acheter, mais pour le simple plaisir de se promener. Avec les années, Leïla s’est forgé une sagesse : « Avoir de la patience et ne pas garder le stress longtemps, car à chaque jour suffit sa peine : gérer au jour le jour, et continuer. »

Amir Benlachtar, agent de planification, programmation et recherche
Direction générale adjointe – Santé physique générale et spécialisée
Deux rames pour avancer
Amir s’appuie sur deux piliers : la lecture et la musique. « J’ai deux rames avec lesquelles je rame tout le temps ». Il lit surtout de la littérature russe, pour sa profondeur et sa capacité à faire s’évader du quotidien. « À lieu de ressasser les mêmes choses, je rentre dans l’histoire. ». La musique – batterie et guitare – est « une bouée » pour lui.
Amir est attentif aux signes discrets chez ses collègues, à ces « petits mots qui peuvent cacher des choses ». Il se souvient d’une collègue qui traversait silencieusement une dépression. Une oreille attentive, et elle a finalement fait le pas pour demander de l’aide. « Communiquer et partager ses sentiments, ses frustrations, peu importe son état d’âme, ça aide énormément. »

Providence Mukashingiro, agente administrative
Direction des services multidisciplinaires – Santé, services sociaux et fluidité
Je mets tout dans une boîte, et je la jette
De retour de vacances, Providence se dit ressourcée. Sa méthode dans les moments difficiles? Elle compartimente. « Je mets tout dans une boîte, et je la jette. » La respiration, la foi et le refus de ruminer sont ses premiers réflexes quand quelque chose pèse. Quand le temps le permet, elle profite de la nature. Et dans les moments durs, elle puise sa force dans ce qui est le plus cher : son fils. « Penser à lui m’aide à traverser la journée. » Pour elle, le réconfort passe aussi par des gestes simples : un bon repas préparé avec soin, une crème glacée.
Son conseil aux personnes qui traversent une période difficile? Parler.
« Quand on en parle, ça se dilue. Ça devient moins prenant. »

Benoît Allard, technicien en alimentation
Direction des services techniques
Prendre le temps de décrocher
Quand les journées sont difficiles, Benoît se tourne vers les jeux vidéo et les jeux de société.
« J’aime jouer seul, ça me fait du bien. » Ces moments lui permettent de relâcher la pression et de retrouver un certain calme.
Avec ses collègues, Benoît adopte une approche à la fois attentive et pragmatique. Il sait que certaines personnes ont d’abord besoin d’être écoutées. « Les gens peuvent avoir besoin de ventiler. Je les écoute, ça fait sortir la vapeur. » Sa manière d’aider se distingue toutefois par une approche concrète : « Je suis cartésien, rationnel. Mon aide est plus dans la recherche de solutions que dans l’émotif. » Une complémentarité qui rappelle qu’il existe différentes façons de soutenir les autres.

L’éclairage de la Dre Sidonie Pénicaud
Docteure Sidonie Pénicaud, responsable médicale au Service santé et mieux-être adultes et personnes aînées de la Direction régionale de santé publique de Montréal, nous éclaire sur le sujet.
Déprime et dépression
À la sortie de l’hiver, nombreuses sont les personnes qui se sentent à plat. La Dre Pénicaud invite à ne pas minimiser ce ressenti, tout en distinguant deux réalités bien différentes : la déprime et la dépression. La déprime, c’est se sentir triste, inutile, trouver la vie ennuyante pendant un moment. La dépression est plus complexe : les symptômes sont plus nombreux, intenses et durent plus longtemps. Dans les deux cas, demander de l’aide est essentiel.
Les liens sociaux comptent
Il est important de parler, se sentir écouté et compris. Les liens sociaux et la participation à la vie collective ont un impact important sur la santé, tant physique que mentale. Ce n’est pas la quantité de liens qui compte, mais leur qualité. L’essentiel est de trouver des façons de se connecter aux personnes, autour d’un intérêt commun, d’une activité nourrissante ou d’une simple conversation.
Concrètement, que faire quand ça ne va pas?
Il n’y a pas de geste magique, mais plusieurs petites actions qui, ensemble, font une vraie différence. Prendre soin de son corps d’abord : dormir à des heures régulières, bien manger. S’activer ensuite, même quand l’envie n’est pas là. Et surtout, ne pas s’isoler avec ce qu’on ressent.
La santé mentale, c’est l’affaire de tous et de toutes
Si vous traversez une période difficile? Parlez-en à une personne de confiance.
Le Programme d’aide aux employés et à la famille vous accompagne gratuitement et en toute confidentialité, pour les défis liés au travail, à la vie personnelle ou au bien-être. Psychologues, travailleurs sociaux, psychothérapeutes, une équipe à votre écoute.
Un commentaire
Merci Amir ,
pour ton excellent travail dans le domaine de la construction , ton implication et ton sérieux ont vraiment fait la différence ! Bravo pour ce que tu as accompli.