La facture collective de la crise du logement au Québec

Temps de lecture : 3 minutes

Direction régionale de Santé publique de Montréal

Il existe très peu d’études ayant déterminé les coûts sociaux et économiques du manque de logements abordables dans un contexte québécois. C’est pourquoi la Direction régionale de santé publique de Montréal, avec la collaboration de 5 autres directions de santé publique, a demandé à l’Observatoire québécois des inégalités et la Chaire de recherche sur la Réduction des inégalités sociales de santé de réaliser une étude permettant de quantifier les coûts réels des mauvaises conditions de logement sur notre société.

Premier volet de l’étude : Prospérité économique et santé publique

Les premiers résultats de cette étude ont été dévoilés le 17 septembre dernier et démontrent qu’investir dans le logement abordable représente une clé pour la santé de nos populations, mais aussi pour la prospérité du Québec.  

Au Québec, en 2021, plus de 510 000 ménages au Québec consacraient plus de 30 % de leurs revenus à leurs frais de logement.
Parmi eux, c’est plus de 7 ménages sur 10 qui vivaient avec un faible revenu.

C’est une situation qui compromet la possibilité de répondre aux autres besoins essentiels (alimentation, soins de santé, transports, etc.) risquant de nuire à leur santé et à leur bien-être, et pouvant limiter leur contribution à la prospérité économique. 

En 2024, le gouvernement du Québec a investi 203 millions $ dans le programme Allocation-logement et 138 millions $ ont été consacrés au Programme de supplément au loyer dans le marché locatif privé.

Le manque de logements abordables ajoute une pression financière sur les paliers gouvernementaux par la mise en place de solutions temporaires, notamment les aides à la personne. Bien qu’elles répondent à des besoins urgents, les aides à la personne ne permettent pas d’agir sur les causes structurelles de l’abordabilité et ne freinent pas la hausse des loyers sur le marché locatif.

Le logement, un déterminant de la santé

« Le logement joue un rôle central sur la santé des individus et constitue un marqueur important des inégalités sociales de santé. Des conditions de logement inadéquates — un loyer trop élevé, de taille insuffisante, insalubre ou l’instabilité résidentielle – se répercutent sur la santé physique et mentale ».

Les prochaines publications de l’étude se pencheront aux effets du manque de logements adéquats au Québec sur la santé physique et mentale, l’itinérance, le développement des enfants, la violence domestique et la consommation énergétique. Elles mettront également en lumière le vécu de personnes menacées de perdre leur logement dans différentes régions du Québec et finalement l’identification de pistes d’action pour améliorer les conditions de logement et de la santé des populations au Québec. Le projet se déroulera sur une période de deux ans.

Pour en savoir plus sur les premiers résultats et le projet de recherche : 
La facture collective de la crise du logement au Québec | Direction régionale de santé publique de Montréal (santepubliquemontreal.ca)

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