Docteure Isabelle Ferdinand, modèle de toute une génération

Docteure Isabelle Ferdinand, modèle de toute une génération

3
Temps de lecture : 4 minutes

Marion Munos, Service des communications et du marketing
__

Longueur des études, exigences élevées… Le chemin vers une carrière de médecin est pavé de difficultés. Alors, comment nourrir les vocations chez des jeunes que les préjugés ne destinent pas à une telle carrière? Comment aider les jeunes en qui personne ne semble croire, à croire en leur potentiel et à suivre leurs rêves?

Pour la docteure Isabelle Ferdinand, cheffe de Service de rhumatologie du CCSMTL et chargée d’enseignement clinique à la Faculté de Médecine de l’Université de Montréal (UdeM), le parcours vers la réussite n’a pas été linéaire.

Après un baccalauréat en sciences nutritionnelles et quelques années de pratique en tant que nutritionniste, sa vocation devient claire : elle veut être médecin.

Pourquoi cette vocation tardive, pour un métier dont on rêve souvent depuis l’enfance? Le manque de modèle et peut-être la croyance ancrée qu’une si brillante carrière n’était pas à sa portée.

Ce départ en différé n’a pas empêché la future médecin de se lancer dans un parcours académique aussi long qu’enrichissant.

Première constatation après son arrivée en médecine : elle est la seule personne noire de sa cohorte de 200 étudiant.e.s.

Quelques années plus tard, même constat quand elle choisit de poursuivre avec une spécialisation en rhumatologie « parce que c’est une spécialité pleine de défis. »

Première rhumatologue noire du Québec, et seule médecin rhumatologue noire de l’association des médecins rhumatologues du Québec à ce jour, le manque de représentation de sa communauté en médecine lui donne envie de s’engager davantage.

Elle explique « Sans représentation de leur communauté, les jeunes sont découragé.e.s. Si personne ne leur montre que c’est possible, les étudiant.e.s des communautés noires pensent qu’elles.ils ne sont pas capable d’accéder à de telles carrières, d’avoir les notes nécessaires, et tant d’autres idées préconçues. »

Elle, qui a brillamment gravi les échelons, se donne pour mission d’encourager les jeunes à suivre leur rêve.

  • Membre du comité Équité, Diversité et Inclusion de la Faculté de Médecine de l’UdeM
  • Ancienne gouverneure du Fonds 1804 pour la persévérance scolaire — et toujours impliquée dans sa cause
  • Conférencière pour le sommet Jeunes Afro 2019 sur la sous-représentation des étudiants noirs en médecine

Engagée dans l’enseignement de la nouvelle génération et la représentation des communautés noires en médecine, la docteure Ferdinand est sur tous les fronts.

Et ça marche!

La cohorte de médecine de l’UdeM de 2023 compte 19 étudiant.e.s noir.e.s dans ses rangs. Un record! Même résultat historique à l’Université McGill, avec une vingtaine de membres de communautés noires en médecine cette année.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avoir un modèle peut tout changer pour les jeunes.

Par son engagement et son talent, Isabelle Ferdinand, modèle sans modèle, a ouvert la voie à une nouvelle génération de médecins issus des communautés noires.

Son message aux petites filles noires qui rêvent en secret d’une grande carrière? « Suis ton rêve! Parle de ton ambition autour de toi, et ne doute pas de tes capacités. Tu peux le faire, tu vas le faire et on va t’aider. »

Son enthousiasme et sa carrière nous encouragent à croire que ce n’est que le début d’une longue tradition de multiculturalisme au plus haut niveau de notre organisation, des universités et au pays.

Le Mois de l’histoire des Noirs selon la Docteur Isabelle Ferdinand
Les communautés noires, et toutes les minorités visibles, ont des défis à surmonter, des parcours difficiles.Toutes les minorités peuvent se reconnaître dans les histoires et les sujets abordés durant le Mois de l’histoire des Noirs. C’est important de le souligner.Plus les employé.e.s des hôpitaux sont diversifié.e.s, plus la diversité est représentative de la population que l’on dessert.Se faire soigner par une personne qui nous ressemble, recevoir des services dans sa langue, avoir accès à un médecin dans son quartier… tout cela aide les membres des communautés noires et visibles à consulter plus facilement.Ça améliore l’accès aux soins et donc à la santé de la population en général.Les gens sont plus ouverts d’esprit, plus conscients. Les choses s’améliorent. Quand on voit le chemin parcouru en termes de représentation des femmes, on ne peut que se réjouir.

Pour les communautés noires, il reste du chemin à parcourir. En continuant à informer et à sensibiliser les gens sur les défis qu’elles rencontrent, on continuera à progresser. Et ce sera bénéfique pour tout le monde.

Le Mois de l’Histoire des Noirs au CCSMTL

Une occasion de célébrer, d’honorer et d’en apprendre davantage sur l’héritage des communautés noires, au Québec, au Canada et dans notre établissement. Découvrez ou redécouvrez tous nos articles sur ce thème ici :

>> Un long parcours de l’obscurité vers la lumière
>> Un événement qui nous rassemble

12 commentaires

  1. Compliments à toi et à tes parents, tu es désormais un modèle pour les jeunes de ta communauté. Sky is the limit…….

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sélection de la rédaction

Votre bulletin (aussi) passe en mode estival!
Une avancée innovante pour le Programme des séjours numériques !
Usagers et proches-ressources, de précieux alliés à découvrir
Repérer et signaler les situations de maltraitance change des vies
Semaine de la reconnaissance des superviseurs de stagiaires – 6e édition
Devenez un judoka de l’amélioration continue en suivant la formation Ceinture blanche!
Célébrons le Mois de la culture autochtone à travers la lecture
Célébrer les victoires académiques, petites et grandes
Une joyeuse incursion dans l’équipe de l’entretien ménager de l’IUGM
Un père, un leader : portrait de Louis Leclerc