Préserver les bienfaits des vacances à la rentrée

Temps de lecture : 5 minutes

Direction des ressources humaines

Selon des études, le bien-être accumulé durant les vacances se maintient jusqu’à trois semaines après notre retour au travail. Le retour au travail est donc l’occasion rêvée de maintenir nos habitudes estivales pour prolonger et soutenir notre récupération et ses bienfaits. Pourtant, à notre retour de vacances, on a parfois plutôt le réflexe de vouloir tout rattraper, optimiser, « reprendre le contrôle ».

Et si on tentait de faire différemment? Pour aborder la rentrée avec une intention plus douce et saine pour cette rentrée, Marie-Laurence Genier, psychologue organisationnelle, et Katherine Malchelosse, interne en psychologie, au sein du Service Santé et mieux-être au travail de la Direction des ressources humaines, vous donnent leurs conseils avisés.

Retrouver son rythme sans s’épuiser

Avec le retour d’un horaire bien chargé, la récupération est souvent l’une des premières choses que l’on sacrifie, alors qu’elle permet justement de soutenir notre énergie. Être en mesure de se ressourcer et récupérer correspond à un facteur de protection essentiel à notre bien-être qui permet de refaire le plein de ressources physiques, cognitives et émotionnelles.

Autrement dit, prendre une distance avec le travail n’est pas du temps perdu. C’est aussi ce qui permet à la vie personnelle de devenir une source d’énergie pour mieux revenir au travail. Il peut donc être pertinent de prévoir de courtes pauses dans sa journée avant même de ressentir de la fatigue!

L’idéal pour cela est de considérer les périodes de repos comme faisant partie de l’horaire plutôt que comme du temps « bonus ». Par exemple en prenant une véritable pause sur l’heure du lunch, indétrônable dans notre calendrier.

Garder ses habitudes des vacances

Le retour à la routine ne devrait pas signifier la disparition de tout ce qui contribuait au bien-être pendant les vacances. Par exemple, commencer sa journée en lisant quelques pages d’un livre, faire une marche sur l’heure du dîner, ou autre. Les petites actions qui favorisent notre énergie ont souvent un effet cumulatif.

Lorsqu’on récupère davantage, on dispose généralement de plus d’énergie pour s’investir dans des activités significatives, entretenir nos relations ou adopter des habitudes favorables à notre bien-être, ce qui contribue à nourrir notre énergie à plus long terme.

Faire le tri dans ses priorités

Le retour à la routine peut rapidement nous donner l’impression que tout est urgent : les courriels accumulés, les tâches en attente, les rendez-vous, les obligations familiales… Identifier les priorités et ce qui est réellement urgent apparait comme une stratégie nécessaire.

Est-ce que tout ce qui figurait à l’agenda avant les vacances est encore nécessaire? Accepter que certaines choses peuvent attendre est au cœur d’une gestion saine des énergies. Quand les demandes augmentent, maintenir le même niveau d’exigence et d’énergie dans toutes nos sphères de vie peut devenir difficilement soutenable, d’où l’importance d’accepter que certaines semaines soient moins équilibrées que d’autres et de choisir consciemment où investir son temps.

Certaines sources de stress de la rentrée sont difficilement évitables : la circulation sur nos routes, les changements organisationnels, les échéances, les horaires scolaires, les activités parascolaires, les imprévus, etc. Dans ce contexte, il peut être utile de porter attention aux ressources personnelles dont nous disposons pour faire face à ces exigences. Notre niveau d’énergie, notre confiance en notre capacité à relever les défis, notre résilience ou encore le soutien que nous recevons peuvent influencer la façon dont nous vivons une même situation.

Lorsque nos ressources personnelles sont fragilisées, certaines demandes peuvent sembler plus lourdes qu’à d’autres moments. À l’inverse, lorsque nous prenons du repos, nous reprenons confiance et pouvons plus aisément composer avec les défis du quotidien.

Le droit de se déconnecter

Courriels en soirée, pensées liées au travail, impression de toujours devoir avancer sur un dossier ou un projet… La reprise d’un quotidien chargé peut rendre les frontières entre nos rôles plus floues.

Pour véritablement déconnecter, vous pouvez mettre en place une stratégie de rituels simples, permettant de faire la transition entre le travail et la vie personnelle.

Cela peut se faire à différents niveaux :

  • Sur le plan psychologique, en s’autorisant à prendre des moments de repos sans objectif, ni recherche de rendement
  • Sur le plan comportemental, en marquant concrètement la transition entre nos rôles : changer de vêtements, faire une activité sportive à la fin de la journée, etc.
  • Sur le plan physique, en établissant des frontières physiques claires : éteindre son ordinateur à une heure précise, fermer la porte de son bureau en télétravail…


Ces stratégies visent à identifier des limites claires, pour vous aider à préserver les ressources personnelles comme l’énergie, l’attention et la disponibilité émotionnelle. Elles préservent aussi la vie personnelle comme une origine de notre ressourcement, plutôt qu’un simple prolongement des exigences de la journée de travail.

Demander de l’aide

Prendre soin de soi signifie aussi reconnaître les limites de nos strat.gies. Lorsque nos propres méthodes ne suffisent plus à garder l’équilibre, il est primordial de pouvoir parler de sa charge de travail avec son gestionnaire si nos tâches nous submergent, de prêter attention au stress s’il persiste, et d’aller chercher du soutien auprès de notre entourage, qu’il soit professionnel ou personnel.

La rentrée ne doit pas être le moment où l’on reprend immédiatement le même rythme qu’avant les vacances. Elle doit plutôt devenir une occasion de préserver ce qui nous a fait du bien, de revoir nos priorités et d’adopter un rythme plus durable. Chaque petit geste de récupération compte et contribue à soutenir notre santé, notre énergie et notre bien-être au quotidien.

Références principales

Bakker, A. B., Demerouti, E., & Sanz-Vergel, A. (2023). Job demands–resources theory: Ten years later. Annual review of organizational psychology and organizational behavior, 10(1), 25-53.

Grant, R. S., Buchanan, B. E., & Shockley, K. M. (2025). I need a vacation: A meta-analysis of vacation and employee well-being. Journal of Applied Psychology, 110(7), 887–905. https://doi.org/10.1037/apl0001262

Tement, S., Shockley, K. M., & Horvat, M. (2025). Home-to-work transitions and psychophysiological unwinding from work: A qualitative episodic approach. Journal of occupational health psychology.

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