La violence conjugale et intrafamiliale ne prend pas de vacances

Temps de lecture : 3 minutes

Direction des services généraux et des partenariats urbains (DSGPU)

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La violence conjugale peut toucher tout le monde. Elle existe dans nos communautés, et parfois près de nous : chez nos usagers et usagères, nos collègues ou nos proches.

Dans notre organisation, la nouvelle équipe Violence conjugale et intrafamiliale (VCI) accompagne les personnes vivant une situation de violence et soutient les équipes dans la reconnaissance des signes parfois moins visibles.

Comment la reconnaître? Comment s’installe-t-elle, parfois subtilement? Sari Chengberlin, spécialiste en activités cliniques au sein de l’Équipe VCI, nous aide à mieux comprendre les signes à surveiller.

Une violence qui ne se voit pas toujours

La violence conjugale ne se limite pas aux blessures physiques visibles. Elle peut être psychologique, économique, sexuelle ou technologique.

Elle se met souvent en place graduellement, de façon discrète, ce qui peut la rendre plus difficile à reconnaître.

Au Québec, les cas déclarés par la police ont augmenté de 28 % entre 2018 et 2024. La pandémie de COVID-19 a aussi aggravé la situation, au point où les Nations Unies ont parlé d’une « pandémie de l’ombre ».

Le contrôle coercitif : une emprise invisible

Le contrôle coercitif est une forme fréquente de violence conjugale, mais il demeure difficile à repérer car il ne repose pas toujours sur des gestes visibles.

Il s’agit d’un ensemble de comportements qui amènent une personne à perdre peu à peu son autonomie : surveiller ses déplacements, contrôler l’accès à l’argent, l’isoler de ses proches ou exiger de toujours savoir où elle se trouve.

Pris séparément, ces gestes peuvent sembler anodins. Mis ensemble, ils créent toutefois une emprise réelle.

Certaines personnes ne réalisent pas qu’elles vivent de la violence. « Parfois, la personne ne s’identifie même pas comme victime », explique Sari Chengberlin.

Elles peuvent consulter pour de l’anxiété, de la fatigue ou des difficultés en santé mentale, sans nommer la violence. D’où l’importance de poser des questions avec délicatesse et d’ouvrir la discussion.

L’équipe VCI : un soutien spécialisé

Pour répondre à ces besoins, l’équipe VCI offre un accompagnement psychosocial spécialisé aux personnes vivant une situation de violence.

Composée de cinq professionnels et professionnelles, cette nouvelle équipe est présente aux CLSC Sainte-Catherine et Verdun.

Les références peuvent provenir du réseau ou d’organismes communautaires. Même si elle a été récemment mise en place, l’équipe fait déjà face à une liste d’attente, ce qui témoigne de l’ampleur des besoins.

Les personnes peuvent participer à environ 12 rencontres pour mieux comprendre leur situation, reconnaître les différentes formes de violence et réfléchir aux prochaines étapes, à leur rythme.

Notre rôle comme professionnels et professionnelles

Dans notre pratique, nous pouvons être parmi les premières personnes à qui quelqu’un se confie, directement ou indirectement.

Les signes peuvent apparaître en clinique, à domicile ou lors d’un suivi en santé mentale.

À notre échelle, nous pouvons faire une différence en posant des questions ouvertes, en prêtant attention aux signes moins visibles et en reconnaissant le contrôle coercitif.

Une intervention précoce peut aider à briser l’isolement, à orienter la personne vers les bonnes ressources et à prévenir l’aggravation de la situation.

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