Direction de la Protection de la jeunesse
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Un vent nouveau souffle à la direction de la Protection de la jeunesse.
Bien connue des équipes Jeunesse, Nadine Thiffault a récemment été nommée au poste de directrice de la Protection de la jeunesse et directrice provinciale (DPJ-DP) et a accepté la mission d’envergure qui l’accompagne.
Rencontre avec une dirigeante d’expérience, qui a la mission «protection» tatouée sur le cœur.
Qui est Nadine Thiffault?
C’est une professionnelle qui œuvre dans notre établissement depuis 25 ans.
Je suis arrivée ici en stage pendant mes études en criminologie, et je suis restée. Je me suis perfectionnée dans différents secteurs de la protection de la jeunesse : à l’application des mesures, à l’évaluation des signalements, en passant par les ressources (familles d’accueil et ressources intermédiaires jeunesse).
Puis, j’ai été coach et gestionnaire dans ces secteurs ainsi que directrice adjointe pour les services de proximité jeunesse (CLSC de nos territoires locaux). J’ai fait le tour de presque tout le processus clinique en protection.
Ces dernières années, j’ai travaillé en étroite collaboration avec Assunta Gallo, ma prédécesseure, et j’ai beaucoup appris de sa vision. Assunta Gallo a été une DPJ engagée et déterminée, avec une force de travail exceptionnelle. Quand la possibilité de reprendre le flambeau s’est présentée, j’étais prête à relever ce beau et grand défi.
Quel vent nouveau pensez-vous apporter à la DPJ?
Je ne changerai bien évidemment pas tout un système, car, comme son nom l’indique, c’est un système. Je peux vous assurer toutefois que je continuerai à travailler avec passion, rigueur et conviction afin de l’améliorer, comme depuis le début de ma carrière.
Je souhaite être plus présente auprès de la population. C’est aussi une volonté de notre directrice nationale, Lesley Hill. On a un espace à prendre, et c’est ce que nous ferons, avec les autres DPJ du Québec. Je me reconnais pleinement dans la démarche commune d’engager des consultations et d’aller à la rencontre des parents et des jeunes.
J’ai toujours eu à cœur de faire les choses en toute transparence. Bien sûr, les enjeux de confidentialité, les nombreux aspects légaux, et le respect des familles et des personnes dont nous avons la responsabilité ne nous permettent pas de parler ouvertement des situations spécifiques, mais nous nous devons de faire preuve de transparence, et expliquer ce qui motive nos décisions et nos actions. Et ce, quand elles sont bonnes, mais aussi quand tout ne se passe pas comme on le souhaite.
Par ailleurs, les réponses d’hier ne suffisent plus aux grands défis d’aujourd’hui. Dans un contexte de manque de ressources, de compressions budgétaires et de besoins croissants des enfants et des familles, nous devons nous recentrer sur notre mission spécifique et travailler autrement.
L’éthique et le professionnalisme doivent nous guider dans cette intervention complexe qu’est la protection de la jeunesse. Nous avons un devoir d’exemplarité.
Depuis quelques mois, quand on parle d’exemplarité et de protection, on pense forcément à Cité-des-Prairies. Comment avez-vous vécu cette crise?
J’ai vécu cette crise difficilement, évidemment. Avec une part de déception, et une part d’incompréhension.
Il faut avoir le courage de voir ces situations et reconnaître les manquements. Les gestionnaires doivent continuellement se poser des questions : Suis-je assez présente? Est-ce que je sais ce qui se passe sur mon terrain? Que se passe-t-il dans mon service? Et l’on doit s’assurer de bien répondre et de réagir très rapidement en cas d’écart.
Maintenant, il faut s’assurer que cela ne se reproduise plus. Il faut assurer une présence accrue, imposer des limites strictes et intervenir avec force.
Les gestionnaires ont un rôle décisif à jouer, on doit assurer leur encadrement, et les aider à définir ce qu’il faut dénoncer, ce qu’il ne faut pas accepter ni tolérer. Nos partenaires des relations de travail travaillent aussi avec nous dans ce dossier.
Dans le contexte que vous décrivez pour l’ensemble du personnel de la DPJ, et après avoir pris de nombreuses mesures, comment souhaitez-vous soutenir vos équipes, à titre de directrice?
Nous soutenons nos équipes en leur offrant un encadrement clinique, en nous montrant présent.e.s, en les écoutant et en les impliquant dans les décisions. Il faut aussi s’assurer que nos attentes soient claires et que tout le monde partage notre vision.
Et nous devons évidemment bien former, soutenir et accompagner notre personnel. C’est tout un ensemble d’actions à déployer, et un travail que je poursuis avec Jason Champagne, du Programme jeunesse, et nos partenaires.
Puisqu’on parle de recrutement, que diriez-vous aux personnes qui hésitent à s’engager en protection?
Je leur dirais que la mission de protection est l’une des plus nobles qui existe. Que bien que le contexte d’intervention soit difficile, et que tout le monde ne puisse pas faire ce métier, nous offrons un environnement de travail et des conditions pour bien accompagner les personnes qui s’engagent à nos côtés : programme coaching, adjoint.e clinique, offre de formation clinique variée, communautés de pratique, etc.
Quand on vient travailler en protection de la jeunesse, on choisit une mission. Nous sommes notre principal outil de travail, il faut aussi en prendre soin.
On parle beaucoup de tout ce qui ne va pas, mais pas suffisamment de ce qui se fait de bien. Et pourtant, il y en a, de belles choses qui se font au quotidien!
Dans une carrière d’intervenante ou d’intervenant à la DPJ, on ne reçoit pas souvent de merci. Nos usagers et usagères sont souvent en souffrance et en grande difficulté, et cela les empêche de reconnaître leur besoin de recevoir de l’aide.
Mais parfois, il y a des jeunes ou des parents qui reviennent vers nous, qui nous disent que même si elles ou ils nous ont mené la vie dure, notre aide leur a été précieuse.
Il y a quelque temps, un jeune homme m’a contactée sur les médias sociaux. J’étais son intervenante quand il était tout bébé. Ses parents étaient en grande difficulté, mais ils voulaient le meilleur pour leur enfant. Ils n’étaient pas en mesure de s’en occuper et ils ont finalement consenti à l’adoption.
Aujourd’hui, après une adolescence très difficile, il va bien. Il est adulte et il a un enfant. Il souhaitait avoir des informations sur son enfance et ses parents. Avoir l’opportunité de recevoir des nouvelles et de se faire dire « merci », c’est extraordinaire. C’est le salaire de toute une vie!
C’est le genre de belle histoire qui donne du sens à tout ce que nous faisons
Merci, Nadine Thiffault, et félicitations pour votre nouveau poste!
11 commentaires
Bonjour,
Je suis heureuse de lire votre dévouement et passion pour ce système difficile a naviguer parfois pour les familles et le personnel.
Nos chemins se sont croisés au cours des années et nous aurons l’occassion de travailler ensemble pour aider nos jeunes et leur famille. Félicitations pour votre nomination
J’ai bien hâte de pouvoir vous rencontrer en personne. Merci pour ce message rempli d’espoir!
L’équipe ÉO Ouest vous attend avec impatience.
Mes Sincères Félicitations .Nous Vous Soutenons Vigoureusement Et Comptons Sur Votre Expertise Professionnelle.
Tu parles toujours avec cœur et intelligence de la tâche et des défis!
Ton apport est précieux comme leader inspirant!
Tu nous incites à rester déterminé dans notre engagement pour la cause du mieux être des jeunes de notre société.
C’est vrai que notre vrai salaire c’est le sens que donne toutes ces petites réussites et le sentiment d’avoir apporté notre pierre à l’édifice d’une meilleure vie pour les jeunes vulnérables.
Merci pour cet article et encore félicitations pour ta nomination!
Ton mot me touche Johanne. Sincèrement Merci!
Ta contribution est grande également. Ta nomination au Gala de l’Excellence l’année dernière comme gestionnaire d’exception n’est pas un hasard.
On continue!!
XX
Mona P.
Cette entrevue est inspirante, ta transparence et bravo !!
Mes Félicitations à cette nomination, Nadine Thiffault.
Merci Mona!
Au plaisir de poursuivre nos belles collaborations!!
Bienvenue à bord, Nadine! 🙂
Merci Ester!!
Ta passion et ta détermination pour la cause des enfants et des familles n’ont pas de limite.
Tu mérites vraiment cette place. Pour le peu de temps pendant lequel je t’ai côtoyée, j’ai vu une femme très intelligente et très impartiale. Toutes mes félicitations, Madame Thiffault.
Merci Blandine pour ce beau mot!