Itinérance, utilisation de substance psychoactives dans l’espace public, et évolution des pratiques

26 janvier 2026
Crédit photo : Martin Rivest
Temps de lecture : 5 minutes

Direction de l’enseignement universitaire et de la recherche

Direction des programmes santé mentale et dépendance

Face à l’augmentation des personnes en situation d’itinérance qui consomment des substances psychoactives sur le territoire du CCSMTL, les professionnels et professionnelles de notre établissement font de cet enjeu une priorité.

Au carrefour entre la crise de l’itinérance et la crise des surdoses, les équipes de plusieurs directions collaborent avec les responsables de la Ville de Montréal, les services de sécurité publique et les organismes communautaires, afin de s’adapter et développer des pratiques d’intervention visant à favoriser la cohabitation sociale et le bien-être des populations les plus marginalisées.

Répondre à des enjeux complexes de nature intersectionnelle

Entre 2018 et 2022, le nombre estimé de personnes en situation d’itinérance à Montréal a augmenté de 33 %.

Alors que, les situations d’itinérance peuvent être associées à des enjeux de santé mentale et physique, elles sont souvent liées à l’usage de substances psychoactives.

Ces enjeux complexes étant également liés à des situations de pauvreté, d’isolement, d’expériences traumatiques et de problèmes judiciaires, il est indispensable de tenir compte de leur nature intersectionnelle dans la réponse qu’y apportent les différentes entités amenées à intervenir auprès des personnes concernées.

Dans ce contexte aux exigences multiples, à traiter simultanément, la Direction des programmes santé mentale et dépendance (DPSMD) a identifié un enjeu prédominant : l’augmentation de l’itinérance et l’usage de substances dans l’espace public implique, pour le personnel du CCSMTL, d’adapter ses pratiques à cette nouvelle réalité.

La collaboration interdisciplinaire au cœur des solutions

En collaboration avec la Direction de l’enseignement universitaire et de la recherche, les membres de la DPSMD ont travaillé de concert avec des partenaires spécialisés dans les multiples enjeux rencontrés, pour offrir une solution sur mesure en soutien aux équipes concernées.

L’Équipe de soutien clinique et organisationnel en dépendance (ESCODI) regroupe des professionnels et professionnelles de la DPSMD. Elle propose un soutien interdisciplinaire aux cliniciens et cliniciennes du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) offrant des services aux populations ayant des enjeux liés à la dépendance de substances psychoactives et/ou vivant des situations de précarité et d’itinérance.

De son côté, l’Institut universitaire sur les dépendances (IUD), constitué de chercheurs et chercheuses, professionnels et professionnelles de la Direction de l’enseignement et de la recherche du CCSMTL (DEUR), est dédié à l’amélioration de la prise en charge des personnes souffrant de dépendances. Il met des outils et des ressources à la disposition des équipes qui offrent des services en dépendance.

Ces partenaires ont uni leurs efforts pour développer un programme de formation croisée, adaptée aux réalités des différentes équipes au service des populations vulnérables et à risque.

Des formations qui créent des liens

Le dispositif des formations croisées a été développé au Québec par le chercheur Michel Perreault, de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. Ce type de formation vise à assurer la continuité des services en facilitant les liens entre les professionnels et professionnelles, tout en facilitant la compréhension commune des problèmes complexes.

Le principe de ce type de formation consiste à rassembler les personnes issues de différents milieux de travail — réseau public, milieu communautaire, services de police, services municipaux, etc. — et de différentes disciplines professionnelles, qui gravitent autour de problèmes complexes.

Ces formations ont pour objectifs de permettre aux participants et participantes de développer une compréhension commune des problèmes complexes, tout en favorisant la création de liens et une meilleure connaissance des partenaires et ressources disponibles.

Description et impacts des activités de formation croisée réalisées

Avec l’aide d’un comité de partenaires — Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal, Société de transport de Montréal, Ville de Montréal, Réseau d’aide aux personnes en situation d’itinérance de Montréal, Association des intervenants en dépendance du Québec, Service de police de Montréal, PROFAN, Institut en santé mentale Douglas et CHUM — les responsables du projet ont pu mettre au point une programmation ciblée et proposer des activités adaptées aux réalités variées des personnes qui œuvrent auprès des usagères et usagers concernés :

Trois webinaires ouverts à toutes les personnes intéressées, sur des thèmes tels que la santé publique, la prévention des surdoses, l’aménagement des espaces publics, la judiciarisation, la visibilité sociale et les espaces sécuritaires de consommation, etc.

Une journée a été consacrée aux rencontres et échanges entre partenaires locaux du CCSMTL, du SPVM, de la Ville de Montréal et des organismes communautaires en dépendance et en itinérance situés dans le centre-ville de Montréal. 170 personnes ont eu la possibilité d’aborder les enjeux que vivent une grande partie des intervenants et intervenantes en itinérance et/ou dépendance, tels que le respect de la confidentialité, le sentiment d’impuissance, le manque de place dans les ressources, le respect de l’autonomie des personnes en contexte d’inaptitude.

Ces activités ont permis de mettre en relief des stratégies d’intervention et des recommandations, notamment miser sur la réduction des méfaits, prioriser l’alliance thérapeutique, répondre aux besoins exprimés par la personne elle-même et autres.

Les discussions de cas ont aussi permis de faire émerger des recommandations telles que :

  • Rehausser le soutien aux professionnels
  • Réduire les barrières d’accès aux services
  • Combattre la marginalisation systémique
Un modèle à pérenniser

Face aux enjeux liés à l’itinérance et à l’usage de substances, cette première expérience prometteuse a confirmé l’efficacité des formations croisées pour soutenir la continuité, la coordination et la qualité des services interdisciplinaires et intersectoriels.

La DPSMD, la DEUR et les partenaires du CCSMTL visent donc à pérenniser les activités de formation croisée annuelles sur ce thème.

Merci à toutes les équipes et partenaires impliqués dans ce projet.

Pour en savoir plus, communiquez avec Léonie Archambault, chercheure à l’Institut universitaire sur les dépendances : Leonie.Archambault.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca

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