Communauté CCSMTL
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Lutte pour l’égalité salariale ou discrimination, violence physique, conjugale ou mentale, exploitation sexuelle, répartition inégale des soins non rémunérés et du travail domestique, grossesse obligatoire, pauvreté et solitude… Encore trop de femmes sur la planète en sont victimes, même en 2024.
La Journée internationale des droits des femmes, soulignée le 8 mars, vient mettre en relief, le fait que, pour nombre de femmes, les obstacles demeurent considérables, ne serait-ce que sur le plan de la conciliation travail-famille. L’équilibre est parfois difficile à atteindre ou il peut s’avérer précaire. Physiquement et mentalement.
C’est en raison de ces considérations que nous avons choisi d’axer cet article sur la santé des femmes, dans la foulée de cette journée thématique. Car, à ce chapitre, les besoins sont différents et, là aussi, l’égalité en prend pas mal pour son rhume…
Pensons seulement aux stéréotypes sexuels, qui peuvent influencer le diagnostic médical ou la prise en charge de certains problèmes de santé. Lorsque cela arrive, certains besoins ou soins des femmes sont non comblés ou simplement occultés, par exemple :
Les maladies cardiovasculaires sont moins bien diagnostiquées chez les femmes, notamment parce que leurs symptômes sont parfois différents de ceux des hommes et plus souvent perçus comme de l’anxiété;
Certain.e.s professionnel.le.s de la santé peuvent percevoir la tolérance de la femme à la douleur comme étant moins grande que celle de l’homme et donc choisir de ne pas la traiter;
L’autisme également serait peu diagnostiqué chez les filles, essentiellement parce que les indicateurs comme le repli sur soi et le peu d’échanges sociaux seraient perçus comme de la réserve et de la timidité, des traits le plus souvent associés au genre féminin.
Tout au long de leur vie, les femmes utilisent davantage les services de santé que les hommes, surtout en raison de la contraception et de la maternité. Toutefois, comme on l’a vu précédemment, les enjeux de santé des femmes ne sont pas seulement liés à leur santé reproductive. De récentes études montrent qu’au Québec, les femmes représentent la majorité des personnes ayant un niveau élevé de détresse psychologique, constituent la majorité des victimes de violence conjugale et de violence sexuelle et qu’elles subissent les troubles de santé qui en découlent. Elles sont également, en proportion, plus touchées que les hommes par les troubles alimentaires. C’est sans compter qu’elles sont plus nombreuses que les hommes à présenter des problèmes de santé modérés à sérieux (par exemple : problèmes liés à la vision, à l’ouïe, à la parole, à la marche, à la dextérité, aux émotions, à la cognition et à la douleur), qui résultent souvent en des limitations d’activités.
Malgré cela, la recherche médicale sur la santé des femmes accuse un retard considérable par rapport à celle sur la santé des hommes. Certaines maladies demeurent ainsi sous-diagnostiquées parce que les femmes sont sous-représentées dans les recherches ou parce que leurs particularités ne sont pas considérées.
La fameuse pandémie de COVID-19…
Dès son apparition en 2020, la pandémie de COVID‑19 a eu un impact majeur sur la société, et ce, sur de nombreux plans. Or, elle a touché plus durement les femmes que les hommes. À titre d’exemple : les emplois rattachés aux métiers des soins et des services de santé étaient considérés comme essentiels et ont été fortement sollicités durant cette crise sanitaire. Et dans ce domaine, les femmes représentent :
- 80 % du personnel de la santé;
- 98 % du personnel éducateur en service de garde;
- 75 % du personnel enseignant;
- 86 % du personnel préposé à la caisse des épiceries;
- 58 % du personnel préposé à l’entretien et au nettoyage.
Pour cette raison – parmi d’autres – les femmes ont été plus exposées au risque de contracter le virus. Aussi, elles ont – majoritairement – été affectées par les infections liées à la COVID‑19.
Plusieurs facteurs liés à la pandémie et aux mesures de distanciation et de confinement ont aussi fait apparaître des problèmes rattachés à la santé des femmes :
- l’augmentation des comportements suicidaires;
- la diminution de l’activité physique;
- l’augmentation de la consommation de cannabis.
Et QUID la santé reproductive et obstétricale?
La santé reproductive et la planification des naissances affectent plus particulièrement les femmes. Pour atteindre l’égalité entre les sexes, les femmes ont historiquement fait de nombreuses revendications en lien avec ces sujets. Ces revendications ont, notamment, mené à la décriminalisation de la contraception en 1969 et au droit à l’avortement, qui est décriminalisé et gratuit ici depuis 1988. Malgré cela, des convictions à l’encontre du libre choix à l’avortement existent toujours.
D’autres enjeux demeurent toutefois présents. Par exemple, les enjeux liés aux menstruations, tels que le manque de prise en charge des douleurs menstruelles et le manque d’accès aux produits menstruels. On estime que de 12 % à 34 % des Québécoises auraient eu à choisir, au cours de leur vie, entre acheter des produits menstruels et acheter d’autres produits essentiels en raison d’un manque de moyens financiers.
Il reste aussi du chemin à parcourir en ce qui a trait à l’humanisation des soins gynécologiques et obstétricaux, à la prise en charge des problèmes relatifs à l’endométriose et à la ménopause, etc.
Les tristes constats de la violence conjugale et de la violence sexuelle
On ne peut atteindre l’égalité de fait entre les femmes et les hommes sans une lutte fondamentale et constante contre la violence faite aux femmes et aux filles. En 2020, celles-ci représentaient :
- 76 % des victimes de violence en contexte conjugal;
- 88 % des victimes d’agressions sexuelles;
- 95 % des victimes de crimes relatifs au proxénétisme et à la traite de personnes.
Nul besoin de préciser que les conséquences sur la santé physique et psychologique des victimes sont nombreuses. Elles ont un impact à court et à long terme sur la santé et la vie des victimes, mais aussi sur leur entourage et sur la société en général. La violence conjugale et la violence sexuelle sont des questions de santé publique qui concernent l’ensemble de la population.
Enfin, dans le cadre de cette Journée internationale des droits des femmes, ayons une pensée toute spéciale pour les femmes et les filles qui subissent l’horreur et les affres de la guerre.
Source : Gouvernement du Québec, Égalité entre les femmes et les hommes, Santé des femmes, février 2023)
2 commentaires
très intéressant…!
Merci
On a encore besoin du féminisme. Cet article fouillé le démontre, nombreuses statistiques à l’appui. C’est également un article synthèse fort bien fait.