Direction des soins infirmiers
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À l’occasion de la Semaine nationale des soins infirmiers, le CCSMTL met en lumière celles et ceux qui prennent soin de la population. Parmi eux, Hélène Morel, infirmière clinicienne au CLSC de Ville‑Émard, incarne une vision engagée, humaine et profondément collaborative des soins infirmiers.
Un parcours marqué par l’autonomie et le leadership
Diplômée en France en 2018, Hélène Morel débute sa carrière dans des contextes où l’autonomie occupe une place centrale. Elle travaille notamment comme infirmière en clinique d’urgence de jour, où elle est la seule infirmière du service. Une expérience formatrice, qui lui permet de constater à quel point les champs de compétences peuvent évoluer selon les milieux.
La vie l’emmène du côté de l’Irlande où elle exerce en gériatrie et en soins palliatifs, au sein d’une unité spécialisée en Alzheimer dont elle prendra la charge.
Pendant cinq ans, elle y développe une expertise solide allant plus loin que les soins : formation des préposés, gestion d’équipes pluridisciplinaires et multinationales, communication étroite avec les familles et lien constant avec les médecins.
Ce parcours, elle en est particulièrement fière. « J’ai énormément appris sur moi‑même et sur ma pratique. Une équipe pluridisciplinaire, c’est de l’or pour accompagner les patients. Toutes les compétences — professionnelles comme personnelles — sont importantes pour offrir de bons soins. »
Du Québec à la petite enfance : accompagner les débuts de vie
Arrivée au Québec en 2024, Hélène intègre d’abord différents milieux hospitaliers, dont l’Hôpital Notre‑Dame, avant de rejoindre le CLSC. Elle se tourne alors vers la périnatalité et la petite enfance, un secteur qui la passionne depuis toujours.
Dans sa pratique actuelle, elle accompagne des familles souvent fragilisées par l’arrivée d’un enfant : fatigue, insécurité, réorganisation des repères, parfois même détresse psychologique.
« Je prends le temps d’écouter les mamans, mais aussi les papas, qui ne sont pas toujours les plus entendus. La période postnatale est une période de grande vulnérabilité pour les parents. Les jeunes parents vivent parfois une véritable crise identitaire. C’est à ce moment‑là qu’ils ont besoin de se sentir soutenus. »
Des gestes et des paroles simples qui font une grande différence
Hélène observe concrètement l’impact de son rôle dans des situations du quotidien.
Récemment, lors de rendez‑vous de vaccination, elle rencontre deux mères visiblement épuisées. L’une, submergée par le manque de sommeil, fond en larmes. Hélène prend le temps, offre des ressources, propose des solutions adaptées. Quelques jours plus tard, la mère lui écrit pour la remercier : cette intervention lui a fait du bien. Pour une autre, la discussion permet de mettre en lumière les signes d’une dépression post‑partum, ouvrant la porte à une prise en charge appropriée.
« Ce sont parfois de simples petits gestes ou des paroles mais leurs effets sont énormes. Si une famille se sent en confiance et vit les soins sans ressentir trop d’anxiété, pour moi, c’est une victoire. »
Transformer la santé grâce à la collaboration
Selon Hélène, l’avenir des soins infirmiers passe indéniablement par la pluridisciplinarité.
Au CLSC, elle constate chaque jour l’importance du travail d’équipe : infirmières auxiliaires, infirmières cliniciennes, IPS, médecins, équipes pédiatriques, centres accoucheurs… « Pouvoir demander un autre avis quand on a un doute, partager le savoir, se compléter — c’est précieux. » Elle souligne également le rôle grandissant des soins infirmiers dans la santé mentale et le développement des enfants de 0 à 5 ans, où l’empathie est au cœur des pratiques communautaires.
Défis et motivation
Comme plusieurs collègues, Hélène fait face à certains défis : la communication entre services, la méconnaissance du rôle des CLSC par le public, ou encore les différences de fonctionnement d’un CLSC à l’autre, qui peuvent créer de la confusion pour les usagers et les collaborateurs.
Ce qui la motive malgré tout ?
« Apprendre, développer ma pratique, enrichir mes compétences. Tout cela nourrit mes échanges avec les familles… et me nourrit, moi aussi, comme professionnelle. »
Un message pour la Semaine nationale des soins infirmiers
Son message à ses collègues est clair et rassembleur : « Ce n’est pas un métier facile. Nous sommes des humains qui travaillent avec d’autres humains. Mais malgré tout, c’est le plus beau métier du monde. Notre impact auprès des gens est immense. C’est beau — et il faut en avoir conscience. »