Communauté CCSMTL
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Mars est le mois de sensibilisation à l’endométriose, une maladie gynécologique chronique pouvant causer des symptômes sévères dans tout le corps, incluant des douleurs invalidantes. Rappelons que l’endométriose est liée à la présence de tissu similaire à l’endomètre à l’extérieur de l’utérus.
Bien que l’endométriose affecte des millions de personnes dans le monde — une femme sur dix et un nombre non comptabilisé de personnes transgenres ou non binaires — il n’existe pas encore de traitement définitif à cette maladie qui représente un défi diagnostique et thérapeutique. Cependant, des avancées significatives commencent à changer la donne, ouvrant la voie à une meilleure compréhension et à des interventions plus efficaces pour cette maladie complexe.
Vers un diagnostic amélioré
À ce jour, la laparoscopie demeure le seul moyen de confirmer le diagnostic d’endométriose, surtout en ce qui a trait aux lésions superficielles. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) et l’échographie pelvienne ou transvaginale offrent de l’information complémentaire et permettent généralement de localiser des kystes d’endométriose et des lésions profondes.
Le délai de diagnostic de l’endométriose étant encore aujourd’hui, en moyenne, de 5 ans, l’arrivée de nouveaux appareils d’échographies plus performants — actuellement utilisés dans le cadre de recherche au Canada — est encourageante, du moins pour le volet diagnostic.
De plus, on assiste à de nouvelles avancées au niveau du diagnostic par certains fluides corporels. Par exemple, un test salivaire pour diagnostiquer l’endométriose a été étudié en France. Il n’est pas encore disponible, mais la Haute autorité de santé (HAS) a reconnu en janvier dernier l’intérêt de ce qu’on appelle l’Endotest et attend de nouvelles données avant la mise en marché combinée à un éventuel remboursement.
Traitements révolutionnaires en vue
Dans le domaine du traitement, des progrès sont en cours chez nous. En effet, une étude menée au Québec révèle des résultats prometteurs grâce à un traitement élaboré par le Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, qui portait initialement sur le traitement du cancer du sein. L’équipe de chercheurs a finalement développé un groupe de molécules ayant le potentiel de traiter de manière définitive l’endométriose. Des étapes doivent encore être franchies avant que ce traitement soit accessible, mais il s’agit là d’un vent d’espoir immense pour la communauté de personnes atteintes par la maladie!
Parallèlement, la recherche fondamentale explore de nouvelles avenues thérapeutiques, notamment la modulation de l’inflammation, un facteur clé dans le développement de l’endométriose. Les chercheurs et chercheuses espèrent développer des traitements plus ciblés et durables pour offrir un soulagement à long terme aux personnes touchées.
Approches intégratives et multidisciplinaires
Il a été observé qu’une approche multidisciplinaire se révèle essentielle dans la prise en charge de l’endométriose. Compte tenu de la complexité de la douleur pelvienne associée à cette maladie, une approche globale prenant en compte tous les aspects de la santé — physiques, émotionnels et psychologiques — est cruciale.
D’ailleurs, le premier centre multidisciplinaire consacré à la recherche et aux soins chirurgicaux de l’endométriose a ouvert ses portes au Québec, en 2023, au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) à Montréal. Ce nouvel espace, nommé EndoCARES, offre aux patientes souffrant de douleurs et d’infertilité en raison de l’endométriose un accès à des services d’imagerie diagnostique et spécialisés en plus de soins multidisciplinaires.
Des interventions non médicamenteuses, telles que la stimulation électrique transcutanée des nerfs (TENS), offrent également de nouvelles perspectives pour le soulagement de la douleur, comme approche complémentaire aux traitements médicaux traditionnels.
En conclusion, la recherche sur l’endométriose progresse, mais il est impératif de poursuivre les efforts pour améliorer le diagnostic précoce, développer des traitements plus efficaces et adopter des approches intégratives pour répondre aux besoins complexes des personnes touchées par cette maladie aux conséquences multiples, au-delà des aspects médicaux.
Autrice : Marie-Josée Thibert, conseillère en communication au CCSMTL, co-autrice du livre Endométriose et fibrome utérin, de la souffrance à l’action, présidente-fondatrice d’Endométriose Québec et patiente partenaire.