Vrai ou faux? : La luminothérapie est efficace pour la dépression hivernale

22 janvier 2020

La rédaction
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Manque d’énergie, trouble du sommeil, augmentation de l’appétit… Dans les pays nordiques comme le nôtre, environ 20 % de la population présente des symptômes de déprime saisonnière, aussi surnommée blues hivernal. Toutefois, pour 2 % à 3 % de la population canadienne, cette déprime se présente sous une forme plus accentuée : la dépression saisonnière ou trouble affectif saisonnier (TAS). « Dans les deux cas, ceux qui en souffrent ont une humeur dépressive, manquent d’énergie, dorment davantage et mangent plus », explique Marie-Pier Lavoie, psychologue au centre de santé ThéraVie. Toutefois, par l’intensité de ses symptômes, la dépression saisonnière se rapproche davantage de la dépression majeure. Elle est répertoriée dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux sous le terme trouble affectif saisonnier (TAS), à cause de son caractère cyclique. « Contrairement à la dépression majeure, le TAS apparaît lorsque les journées raccourcissent et disparaît au printemps. Pour un diagnostic, il faut aussi que la personne soit atteinte de ce trouble pendant au moins deux années », précise Mme Lavoie.

Tout le monde n’a-t-il pas le moral un peu bas l’hiver?

Beaucoup de gens ont « le moral à plat » en hiver, c’est-à-dire qu’ils se sentent un peu plus tristes pendant cette saison. Or, la dépression saisonnière, c’est différent. En effet, c’est une tristesse qui peut vraiment nuire au quotidien.

À quoi reconnaît-on la dépression saisonnière?

Les gens souffrant de dépression saisonnière ressentent de nombreux symptômes de la dépression traditionnelle : irritabilité, tristesse, manque d’énergie, augmentation de l’appétit, prise de poids… Et ces symptômes reviennent à la même période chaque année, soit à partir du mois d’octobre, moment où le temps d’ensoleillement diminue de façon majeure.

Le manque de lumière en cause

C’est le psychiatre américain Norman Rosenthal qui a fait un lien entre le manque de luminosité et le TAS dans une étude publiée en 1984 sur la luminothérapie. « Même si la découverte date, on ne sait toujours pas précisément comment la lumière affecte notre humeur », indique Marie Dumont, professeure au département de psychiatrie à l’Université de Montréal. « Des études en imagerie cérébrale ont montré que les régions du cerveau impliquées dans nos capacités de concentration et d’attention, ainsi que dans la régulation de l’humeur, sont sensibles à la lumière. Une exposition à une source de lumière intense a donc la capacité d’influencer directement notre humeur et notre vigilance », explique Mme Dumont.

On sait également que la luminosité a un impact sur notre horloge biologique et la production de certaines hormones. L’horloge circadienne, qui régule notre cycle sommeil-veille, est influencée par des signaux environnementaux comme la lumière et l’obscurité. Ces signaux influencent aussi la production de mélatonine – qui est l’hormone du sommeil – et de la sérotonine, qui joue un rôle important dans la régulation de l’humeur.

Une lampe de luminothérapie peut-elle aider autant les déprimés que les dépressifs saisonniers à retrouver le moral et l’énergie?

Le Détecteur de rumeurs (la rubrique de vérification des faits de l’Agence Science-Presse), fait la lumière sur la question.

L’exposition quotidienne à une lumière intense stabiliserait le rythme circadien chez ceux qui souffrent de déprime saisonnière, ou TAS, en plus d’inhiber leur production de mélatonine et de stimuler leur production de sérotonine.  Généralement, les personnes ressentent des bienfaits après seulement quelques jours de luminothérapie, maximum après une ou deux semaines.

La luminothérapie : un traitement de première ligne

Pour que la luminothérapie soit efficace, il faut s’exposer à une lampe de 10 000 lux quotidiennement, pendant au moins 30 minutes, idéalement dès le réveil. « On doit positionner la lampe à environ 40 ou 50 centimètres de soi et garder les yeux ouverts, puisque c’est l’effet de la lumière sur la rétine qui fonctionne », souligne Mme Lavoie, dont la thèse doctorale portait sur les effets de la luminothérapie sur la rétine. « Il n’est pas recommandé de regarder directement la lampe, on peut par exemple la mettre sur la table pendant qu’on déjeune. »

Chez les personnes atteintes de TAS, la luminothérapie est considérée comme un traitement de première ligne, au même titre que les antidépresseurs. Selon les résultats de deux méta-analyses rapportées dans la publication médicale UpToDate, la luminothérapie serait efficace chez 60 % des patients. « C’est un excellent traitement, avec un taux de succès similaire aux antidépresseurs. Il a aussi pour avantage de fonctionner rapidement », explique Mme Lavoie. « Les effets secondaires, qui incluent des maux de tête, des nausées et de l’irritabilité, seraient aussi de courte durée. Chez certains patients atteints de TAS, il faudra combiner le traitement de luminothérapie avec des antidépresseurs et des consultations psychologiques. »

Verdict

Si chaque année, vous manquez d’énergie et êtes déprimés presque tous les jours entre l’automne et le printemps, vous souffrez peut-être de déprime saisonnière ou d’un TAS. Dans les deux cas,  l’utilisation quotidienne d’une lampe de luminothérapie de 10 000 lux, pendant 30 minutes, pourrait s’avérer un traitement efficace.

En savoir plus

https://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/detecteur-rumeurs/2018/01/17/luminotherapie-efficace-pour-depression-hivernale-vrai

Source : Le Détecteur de rumeurs, produit par l’Agence Science-Presse, en partenariat avec les Fonds de recherche du Québec et le Bureau de coopération interuniversitaire – Bureau du scientifique en chef – Gouvernement du Québec

Source : eSanté mentale.ca

Lectures supplémentaires :

https://www.canalvie.com/sante-beaute/sante/depression-saisonniere-astuces-1.2096951

1 Commentaire

  1. Bonjour,
    Comme professionnel de la santé, je pense qu’il est important de veiller à diminuer la stigmatisation en lien avec la santé mentale. En ce sens, je ne suis pas d’accord que les gens deviennent leur diagnostique. Les gens de sont pas dépressifs, ils souffrent de dépression. Dans le même sens, le gens de sont pas des cancéreux, ils souffrent d’un cancer. Est-ce possible de ne plus appeler des gens par leur diagnostique (des dépressifs, des schizophrènes) dans les prochaines communication du CIUSSS? À la veille de la semaine de la prévention du suicide, soyons des leaders dans la dé stigmatisation de la maladie mentale et démontrons que nous ne sommes pas notre diagnostique. C’est une maladie, peut avoir de l’aide !

    Merci de l’intérêt porté à ma demande !

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